‹ Histoire de la conquête d'Alger (volume 2)Chapitre 76 sur 192 · ADMINISTRATION · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION

non-seulement afin de reconnaître les ressources que pourraient oRrir ces contrées, mais encore dans le dessein d'obtenir un point de comparaison pour le contrôle des achats que la maison Seilières aurait pu faire sur ces difTérents points. (Décision ministérielle du 28 mars.)

« Ce point réglé, le service des hôpitaux et celui des transporto ne demandaient pas des soins moins pressants. Je proposai, et le ministre adopta l'établissement de constructions mobiles couvertes en toiles imperméables, propres à former des hôpitaux. Ces constructions mobiles étaient établies dans la proportion de quinze cents malades. Elles offraient l'aspect de hangars de la largeur de seize pieds et d'une longueur indéfinie; elles ont été scindées de manière à former des salles de cinquante lits. L'abri créé, je présentai au ministre un modèle de lit de fer, à fond sanglé, du poids de dix-huit kilogrammes; nous emportâmes avec nous trois mille de ces lits avec leurs matelas, leurs couvertures et leurs draps.

« A l'égard des moyens de transport, il ne fallait pas perdre de vue que l'intérieur du pays que l'armée allait aborder n'était connu que par la relation du chef de bataillon Boutin. Cette incertitude sur la nature du terrain de la plage de Sidi-el-Ferruch à Alger me fit songer à employer aux transports de l'armée une espèce

nistration militaire ont pu être employés avec avantage lorsqu'il s'agissait de petits approvisionncmaits, de localités dont le peu d'impoilance ne pouvait influer sur le prix des denrées; mais, pour des achats aussi importants, le commerce seul peut agir avec succès. Ayant adopté ce dernier mode, il ue s'agit plus que de faire choix d'une maison qui présente toutes les garanties désirables sous les rapports des moyens d'exécution, de la moralité, du crédit et de la considération publique.

« Dès que cette maison aura été désignée, et qu'elle aura accepté, on lui fera connaître les quantités d'approvisionnement de toute nature à acheter, les points de réunion et les époques auxquelles elles devront être réunies; les conditions réglementaires imposées aux commissionnaires pour la justification de leurs achats, tant sous le rapport du contrôle de leurs opérations que pour la régularisation des adiats et des livraisons, les modes de payement et les conventions quant aux commissions et aux frais accessoires. •

Cette décision ministérielle du comte de Bourmont se trouve ùi extenso aux notes de l'ouvrage de M. le baron Denniée, jiage 100.

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de caisson dont Taitelage à deux fins donnerait, tour à toui% des voitures dans les parties praticables, etdesbètes de somme dan^^ les passages les plus difficiles. On adopta le modèle d'un caisson à deux roues, à timon et à pompe; et cent vingt-huit de ces caissons furent construits en moins de vingt jours. Le harnachement des chevaux ou mulets aflectés à leur attelage était combiné de telle sorte, que la sellette pouvait recevoir deux crochets destinés à supporter les fardeaux pour les transporter à dos. Toutefois nous ne renonçâmes pas au caisson à quatre roues.

c Les équipages militaires lurent composés de 128 caissons à quatre roues, 128 caissons à deux roues, 654 chevaux de trait ^ tous de 6 à 8 ans, et de 626 mulets de bât.

« Pendant que toutes ces choses se préparaient, la maison Sellières devait pourvoir à de nombreux achats pour les deux mois de la première commande. Elle réunit 1,777 quintaux métriques de farine blutée à vingt-deux pour cent, 5,280 de biscuits, 5,535 de farine blutée à dix pour cent, 560 de riz, 720 de légumes secs, 400 de sel, 1 ,500 de bœuf salé, 1 ,200 de lard salé, 1,000 bœufs, 500 kilogrammes bruts chaque, qui iîirent réunis dans le port de Cette, 9,000 hectolitres de vin, 188 d eaude-vie, 14,400 quintaux métriques d'avoine ou d'orge, 14,400 de foin pressé, 28,800 de paille, 10,000 de bois, 8,000 de char^ bon de terre*. »

Dans sa sollicitude prévoyante, l'administration n'avait rieir omis. C'est ainsi qu'on fit distribuer aux troupes un sac de campement par homme : un bidon en bois pour le vin, un en fer-blanc pour l'eau, une toile de shako en toile de coton blanche pour préserver la tête des effets du soleil, et une couverture pour trois hommes. 55,000 ceintures de laine, dans la prévision des froides nuits qui, surla côte septrionale de l'Afrique, succèdent aux jours brûlants, complétaient cette distribution. On fabriqua 21 fours en fer battu pour servir à la cuisson à\r pain pour les premiers besoins de l'armée, et 80 fours en tôle.

* Précis historique et administratif, par le baron Denniée, page 9 (Pa-^ ris, 1830).

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