DERNIÈRES NOTES DIPLOMATIQUES
cédé le départ de rexpédition qui se dirige contre Alger. Sa Majesté a invoqué leur concours avec un entier abandon ; elle a traité pour ainsi dire publiquement une question qu'elle s'est plu à rendre commune à toute l'Europe. Ses alliés ont répondu à sa confiance et lui ont donné une approbation et des encouragements dont le souvenir ne s'effacera jamais de son esprit.
a Pour répondre à leur conduite loyale et bienveillante, Sa Majesté désire aujourd'hui leur présenter de nouveau, au moment du départ de la flotte française, l'objet et le but de l'expédition qu'elle envoie contre la Régence d'Alger.
« Deux intérêts qui sont distincts par leur nature, mais qui ^e concilient dans l'esprit du roi, ont motivé les armements qui se sont faits dans nos ports. L'un concerne plus particulièrement la France, c'est de venger l'honneur de notre pavillon, d'obtenir le redressement des griefs qui ont été la cause immédiate des hostilités, d'assurer nos possessions contre les agressions et les violences dont elles ont été si souvent l'objet, et de nous faire donner une indemnité pécuniaire qui puisse, autant que l'état d'Alger le permettra, diminuer pour nous les dépenses d'une guerre que nous n'avons pas provoquée; l'autre, qui touche la chrétienté tout entière, embrasse l'abolition de l'esclavage, celle de la piraterie et celle des tributs que l'Europe paye encore à la Régence d'Alger.
a Le roi est fermement résolu à ne pas poser les armes, à ne pas rappeler ses troupes d'Alger, que ce double but n'ait été atteint et sufiSsamment assuré; et c'est pour s'entendre sur les moyens d'y parvenir, en ce qui concerne les intérêts généraux de l'Europe, que Sa Majesté a fait annoncer à ses alliés, le 12 mars dernier, son désir de se concerter avec eux, dans le cas où le gouvernement actuellement existant à Alger viendrait à se dissoudre au milieu de la lutte qui va s'engager. On rechercherait alors en commun quel serait Tordre de choses nouveau qu'il serait convenable d'établir dans cette contrée pour le plus grand avantage 4e Isi chrétienté. Sa Majesté doit, dès, ce moment, donner l'assurance à ses alliés qu'elle se présenterait à ces délibérations, prête
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à fournir toutes les explications qu'ils pourraient encore désirer, disposée à prendre en considération tous les droits et tous les intérêts, exempte elle-même de tout engagement antérieur, libre d'accepter toute proposition qui serait jugée propre à assurer le résultat indiqué, et dégagée de tout intérêt personnel. Et, le cas prévu par Sa Majesté pouvant se réaliser très-prochainement, si la Providence daigne protéger nos armeë, le roi invite, dès cet instant, ses alliés à donner à ce sujet des instructions éventuelles à leurs ambassadeurs à Paris.
« Vous voudrez bien, monsieur le duc, en adresser particulièrement l'invitation à lord Aberdeen, et, si ce ministre le désire, vous pourrez lui laisser une copie de la présente dépêche. » La conduite diplomatique du gouvernement français demeurait invariable. Ce qu'il oOrait le 4 février 1830, au début des préparatifs, l'entente européenne, le concert de la France avec toutes les puissances sur les moyens de réaliser la pensée chrétienne et civilisatrice qui était un des deux buts de l'expédition française, il l'offrait encore le 12 mai de la même année, au moment où la flotte mettait à la voile. Riai de plus, rien de moins. Il ajoutait seulement, déclaration grave, que le roi était fermement résolu à ne pas poser les armes, à ne pas rappeler ses troupes d'Alger tant que le but national aussi bien que le but général de l'expédition ne serait pas réalisé, par le redressement de nos griefs, le rétablissement de nos droits, le payement d'une indemnité de guerre. Ce qui annonçait, à l'avance, à tous les cabinets, non-seulement une expédition, mais une occupation dont la France se réservait de fixer seule la durée. Enfin, et c'est le mot le plus décisif, il déclarait à la chrétienté tout entière, et à l'Angleterre elle-même, qui n'avait cessé de vouloir le lier par des engagements, qu'il entrerait dans les conférences, s'il s'en ouvrait, libre de tout engagement antérieur.
L'Angleterre le comprit ainsi. Le 17 mai 1830, notre ambassadeur à Londres, M. le duc de Laval, transmettait au gouvernement du roi Charles X la première réponse faite par les ministres anglais à la circulaire du 12 mai : « Toutes les protestations
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