‹ Histoire de la conquête d'Alger, écrite sur des documents inédits et authentiques, suivie du tableau de la conquête de l'AlgérieChapitre 125 sur 183 · ORDRE DU JOUR DO GÉNÉRAL CLAUSEL · texte numérisé non relu

ORDRE DU JOUR DO GÉNÉRAL CLAUSEL

France !. Le 21 octobre, après un mois et demi d'investigations, le Moniteur proclamait ainsi le résultat de l'enquête : « La prise d'Alger et de son trésor, disait-il, a été pendant longtemps le sujet des rapports les plus propres à flétrir la réputation d'hommes honorables employés à l'armée d'Afrique. Le gouvernement ne pouvait rester indifférent à ces clameurs. Une commission d'enquête a été nommée. Cette commission a procédé avec un ordre, une exactitude et une impartialité remarquables. Elle s'est livrée aux opérations les plus minutieuses pour connaître la vérité, et cependant elle a déclaré que, dans sa conviction profonde, il n'y a eu aucun détournement de fonds, aucune dilapidation du trésor de la Régence, et la commission proclame hautement que tous les bruits de soustraction et d'infidélité qui ont circulé dans le public sont autant de fables dénuées de fondement, et dans le sentiment profond de son devoir, elle se fait un devoir de les démentir de tout le poids de l'autorité de sa mission. »

Le général Clausel adressa à l'armée l'ordre du jour suivant, daté du 22 octobre 1830, pour lui communiquer le résultat de l'enquête administrative :

« Le général en chef éprouve une grande satisfaction en faisant part à l'armée du résultat de l'enquête faite à Alger sur le prétendu pillage du trésor de la Casaubah. La déclaration expresse de la commission est que rien n'a été détourné du trésor de la Casaubah, et qu'il a tourné tout entier au profit du trésor de la France. »

Ainsi fut dissipé le nuage qui, Tormé par l'esprit de parti, téméraire dans ses soupçons, implacable dans ses haines, et grossi des préventions accréditées par une presse hostile et passionnée, avait obscurci la gloire si pure de l'armée d'Afrique, l^es Arabes qui avaient combattu cette armée l'avaient trouvée sans peur ; les adversaires politiques qui l'avaient un instant méconnue, ayant pu tout examiner, tout contrôler, tout appro-

1 Cotte commission se composait <le MM. Delort, Fougeroui, Cadet de Vaux, Pilaud de Bit et Flandiii.

fondir, la déclarèrent sans reproche. Ces murmures injurieux qui bourdonnaient autour de son succès sont tombés, et l'histoire ne doit porter aux oreilles de la postérité que le bruit de sa gloire, en faisant la part de ceux qui conçurent, préparèrent, accomplirent cette belle conquête, qui fut, comme on l'a dit, le testament de la Restauration. Le 15 février 1850, l'expédition était résolue; trois mois après; les préparatifs étaient terminés : et, le 15 mai, la flotte mettait à la voile; le 14 juin 1830. F armée toucha le sol d'Afrique, et le 5 juillet de la même année, elle avait atteint le but de sa mission, après vingt jours de campagne; le pavillon français vengé flottait sur les murs d'Alger, la Méditerranée était affranchie, la piraterie détruite, la civilisation triomphante; l'œuvre que trois siècles avaient appelée de leurs vœux se trouvait accomplie.

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