CHATEAU DE L* EMPEREUR
Ce fort prend le nom de l'cmjHîreur Charles-Quint, qui en fil bâtir l'intérieur «•n 1541. Le reste fut fini par Assen-Pacha en 1545.
Il a la forme d'un carré long; ses flancs produiraient peu d'effet; ce fort est inattaquable du côté de la mer, a cause de la roideur de sa pente.
II ne Test guère plus du coté opposé, le ravin et le chemin creux obligeant l'assiégeant à s'établir loin, et lui opposant de gi-andcs difficultés pour arriver à la brèche ; l'attaque du côté de l'ouest serait prise à dos par la ville; *»n s'établissant dans le bas, l'artillerie ne produirait aucun effet, et il est im- |M»ssible d'aborder tout de suite le plateau on l'on serait à j>orléc de pistolet.
On peut battit; directement le côté du sud-est des points (n** 31, 52 et 35); ils sont, surtout le dernier, a peu près au niveau de ses parapets ; du second, on aurait moins loin pour aller à la brèche , mais il y a peu de profondeur de terre.
La configuration du terrain ne ]»ermet |>oint un développement régulier de tranchées; il faudrait arriver par des communications défilées comme on leurrait, a l'extrémité desquelles on ferait des espèces de redoutes, dont le côté oppose au fort serait la véritable batterie. Le reste servirait à se fermer pour être à l'abri de toute surprise.
Ce fort n'a point de batteries basses.
ville.
L'enceinte d'Alger consiste en un mur à l'antique, de 11 à 15 mètres de iiauteur, couronné d'ouvertures à meurtrières et en tout de 214 embrasures à canon, garni généralement, à petites distances, de tours à peu près carrées, sans saillie et sans capacité. 11 n'y a que les parties FFF qui puissent être regardées comme véritablement flanquantes. Le fort est creusé eu forme à peu près triangulaire, en sorte qu'il y a en général de chaque côté un talus en terre, depuis le niveau du terrain environnant jusqu'au fond. Cette profondeur peut être de C à 8 mètres. Le fossé est bonlé, à l'extérieur, d'un mm- de 6 à S pieds de haut, sur 12 h 15 jwuces d'épaisseur; depuis la porte Neuve jusqu'à celle de Babasson, un peu au-dessus et au-dessous de la porte de Babalouet, il est partagé en deux par un mur presque parallèle à la contrescarpe, surmonté de petits massifs détachés, dans lesquels on a pratiqué des créneaux pour fusils. L'espace entre ce mur et l'escarpe est plus élevé que le reste et forme ime espèce de baie fausse.
Toute la partie supérieure, c'est-à -dire les deux tiers de la ville , sont interdits aux Européens. C'est une espèce de merveille que de passer par la l»orte Neuve; on s'est hasardé cependant à parcourir les rues RRR, ce qui a donné [moyen d'observer un peu la Casaubah et la forme du rempart.
Le mur d'enceinte se compose d'une espèce de terre-plein de 3 à 5 pieds de large, au-dessus duquel s'élève, de 3 a 4 pieds au plus , un parapet do 1 à 3 pieds d'épaisseur qui, comme nous l'avons dit, est percé d'ouvertures pour la fusillade et le canon : elles sont toutes à peu près de la même gran-
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deur. Le rempart tombe presqu'à pic des deux côtés; ainsi son épaisseur totale est de 5 à 6 pieds au plus. Il y a, de distance en distance, des escaliers pour monter au teiTe-plein, dont l'élévation au-dessus du sol de la ville peut varier de 8 à 20 pieds.
On a passé devant la porte de la Casaubah , mais on n'a pu voir l'enceinte, devant laquelle sont des maisons ; on en a découvert le sommet de la mer et du port. La Casaubali fonne un triangle dont deux cotés lui sont communs avec la ville; le troisième, qui fait faee à la mer, a un fossé et un mur semblables au reste et même plus foii.
Le coté nord-ouest de la ville n'est point attaquable, au moins sur les deux premiers tiers de son développement à partir du bas. La première portion est couverte par le faubourg et l'on serait pris à dos par le fort des Vingt-Quatre- Ueures. Sur la deuxième, la pente est extrêmement rapide, couverte de niaisons, d'arbres et entrecoupée de murs. Le dernier tiers est plus accessible; on pourrait s'établir en (38), mais il serait difficile d'aller à la brèche; on arriverait avec beaucoup de peine en (38), et il faudrait donner une hauteur considérable aux cavaliers de tranchée ou plutôt batteries de brèches. Le fossé est là assez grand, et l'on aurait quelque chose à craindra des petits flancs. D'ailleurs, en entrant dans la ville, au-dessous de la Casauhah , il faudrait , en quelque sorte, faire un second siège, puisque ce lieu est la citadelle de la ville et qu'on y renferme le trésor et tout ce que l'on a de plus précieux. Ce siège ne serait pas aisé a faire à cause de la pente du terrain, des maisons et de> chicanes qu'on pourrait éprouver de la part des habitants.
L'autre côté de la ville est à peu près dans le même cas que le précédent, surtout depuis la porte de Babasson jusqu'à la porte Neuve.
La gorge n'est point attaquable à cause des forts de la Marine. Il faudrait s'attacher a l'angle de l'est où l'on serait encore tourmente ; il resterait toujours à prendre la Casaubah.
On peut s'établir en (37) contre le saillant du sud; là on commande au lieu d'être commandé; on descend h la brèche par une pente douce; on aurait |wssablement de la terre, ce qui est à considérer, autour de la ville ; on n'a point de feux de flanc à craindre, et Ton passerait la partie la plus étroite et la moins profonde du fossé; enfin la prise de la Casaubah doit entraîner tout le reste par l'avantage qu'on aurait sur le palais du dey, sur toute la ville et sur la Marine, qu'on prendrait à dos.
Cette attaque pourrait être secondée par une autre ou plutôt par un prolongement sur le cimetière, à droite du chemin ; mais il faudrait bien se donner de ganle de découvrir les morts.
Dans cette attaque on a a battre en brèche la partie prebablement la plus épaisse de l'enceinte ; mais cette considération est bien petite auprès de tous les avantages qu'on a d'ailleurs. Les pièces basses de la Casaubali deviendraient nulles par le seul fait de la brèche, et le terrain ne leur permettrait guère de tirer auparavant.
On voit encore que, pour cette attaque, il faut être maître du clwteau de l'Empereur.
1MÈCE> JUSTIFICATIVES.
fort de l'étoili ou des tagarin^.
Il n'existe plus; il fut, dit-on, détruit par une esclave qui, de dépit amoureux conta» son inaitre, qui en élait gouverneur, mit le feu au magasin à poudre. Il avait été construit par Assan-Pacha.
HAJUSE.
C'est la partie la plus forte. L'armement est considérable (180 pièces), et du canon du plus gros calibre : il y en a de 36, 48 et môme au-dessus. Les pièces du rez-de-cliaussee sout bien couvertes ; c'est là que les Turcs se complaisent dans leur conâance et croient pouvoir délier toutes les puissances de l'Europe; tous se jettent a la Manne en cas d'alerte. Il faudrait donc paraître devant ce point pour les y attirer ; mais on croit qu'il serait aussi dangereux qu'inutile d'y former une attaque réelle, à moins d'avoir une flottille exprès pour cela.
\jt possession des forts de la Marine serait sans doute très-avantageux dans le cas qu'il arrivât une flotte de secours à l'ennemi ; mais, si la nôtre peul , en peu d'heures et presque sans danger, s'emparer des forts Malifoux et de l'Eau, et se mettre ensuite sous la protection de l'un cl de l'autre, des batteries voisines et de celles qu'on pourrait faire encore, il faudrait peut-être se consoler de ne pas occuper la Marine, puisque notre flotte n'en recevrait jjas une protection suffisante, ne pouvant entrer dans la darse, où il n'y a que 1 b !» 20 pieds d'eau, et dans le voisinage de laquelle la flolte de secours (tourrait toujours tourmenter notre droite. Il faut remarquer encore que nous ne pourrions profiler de la darse qu'autant que nous fussions mai 1res de la ville, dont la prise peut bien ne pas suivre immédiatement.
Dans tous les cas, le mieux serait que la flotte revint le plus tôt possible : sa présence sur ces parages serait toujours une amorce pour les Anglais.