‹ Histoire de la conquête d'Alger, écrite sur des documents inédits et authentiques, suivie du tableau de la conquête de l'AlgérieChapitre 33 sur 183 · EXPÉDITIONS ANGLAISES : LORD EXMOUTH · texte numérisé non relu

EXPÉDITIONS ANGLAISES : LORD EXMOUTH

velles ouyertures. Il avoua que, croyant la paix rompue, il avait donné Tordre à Oran et à Bone d'arrêter tous les sujels anglais; mais il expédia devant le négociateur anglais, sir Israël Pcllc\vtdeux courriers vers ces villes, pour révoquer ses ordres, avec menace de les faire étrangler s'ils n'arrivaient pas dans un temps marqué. Il ajouta qu'il proposait de remettre la question de la suppression de l'esclavage à l'arbitrage de la Porte Ottomane. Lord Exmouth crut devoir communiquer cette proposition à son gouvernement, et se relira avec son escadre. Mais les courriers envoyés par le dey à Oran, et surtout à Bone, étaient arrivés trop tard; sur ses premiers ordres, les Anglais qui se trouvaient à Bone ou à Oran avaient été non-seulement jetés dans les bagnes, mais massacrés. Une vive indignation se répandit en Angleterre à cette nouvelle.

Le public, comme la marine, demandait une satisfaction. Le gouvernement britannique, résolu de punir sévèrement la Régence, décida qu'une expédition serait dirigée contre Alger.

Le 14 août 1816, lord Exmouth, d'autant plus apte à remplir la mission dont il était chargé qu'il avait trois fois, en une année, débarqué dans le port d'Alger, sortit de Gibraltar avec une escadre composée de 12 vaisseaux ou frégates, 4 galiotes à bombes, 1 brick, 1 schooner, 2 pataches. Une escadre des Pays- Bas, composée de 5 frégates et 1 corvette, rallia l'amiral anglais sous les ordres du vice-amiral baron Van-der-Capellen. L'amiral, mouillé dans la baie d'Alger1, envoya la Severn,

1 Nous devons à l'obligeance de M. le comte Albert de Circourt, officier de marine a bord de la frégate la Didon, à l'époque de la conquête d'Alger, la <wnmunication d'un document intéressant : c'est le journal réglementaire tenu, les 21-28 août 1810 à boni de la Reine-Char lotte, vaisseau de 100 canons moulé par l'amiral Exmouth. Ce journal fut communiqué, en 1850, à M. le commandant de Villeneuve, par un officier de marine anglais, M. Mansell, qui, embarqué comme lieutenant de vaisseau à bord de la Heine-Charlotte, pendant l'expédition de 1816, avait reçu l'hospitalité, en 1850, à bord de la Didon, commandée par M. de Villeneuve. M. de Circourt, chargé par celui-ci de traduire cette page intéressante, en a conservé une copie. Ces notes, prises pendant l'action même, établirent un fait, souvent contesté, c'est que lord Exmouth se servit du pavillon parlementaire pour prendre la position d'où il foudroya Alger. En effet, le journal des observations faites à bord de la Reine-Charlotte cons tate que, le 27,

frégate de 48 canons, sous pavillon parlementaire, porter l'ultimatum de son gouvernement. 11 exigeait l'abolition immédiate de l'esclavage des Européens, et une réparation suffisante des insultes et des dommages que les sujets d'Angleterre venaient d'éprouver dans les États d'Alger. Le dey repoussa l'ultimatum de l'amiral anglais. Celui-ci, à la faveur de ces négociations, avançant toujours dans la baie, finit par s'embosser à l'embouchure du port, à trois cents pieds seulement des premières batteries du Môle, que la Reine-Charlotte prenait à revers. En même temps les galiotes occupèrent leur poste de combat. A deux heures vingt-deux minutes de l'après-midi, toutes ces dispositions étant exécutées, on amena le pavillon parlementaire. A deux heures cinquante minutes le feu commença. La Reine-Charlotte s'était tellement approchée du rivage, que, du lillac, on découvrait tout le Môle et la partie d'Alger appelée la Marine. Ils étaient couverts déplus de trois mille spectateurs, qui ne paraissaient point se douter du péril dont ils étaient menacés. Lord Exmouth, debout sur la poupe, leur fit, selon la relation officielle anglaise, signe de se retirer. Dans ce moment, le dey, qui arrivait dans les batteries du Môle, ayant donné le signal du feu, la Reine-Charlotte riposta, et sa première bordée, tombant dans cette foule, emporta plus d'un millier d'hommes. Les bordées, se succédant presque sans interruption, réduisirent bientôt au silence les forts de la Marine, la flotte algérienne mouillée dans le port, et les chantiers. A trois heures vingt-cinq minutes on détacha un canot pour mettre le feu a une frégate algérienne de 44 canons,

à sis heures du matin, l'amiral Exmouth, mouillé dans la haie d'Alger, envoya la frégate la Severn sous pavillon parlementaire à Alger; qu'à sept heures on disi>osa tout pour le combat; qu'à neuf heures un quart on mit en panne le canot avec le pavillon parlementaire; qu'à midi l'escadre était rassemblée; qu'à une heure cinquante minutes, par un heau temps, l'amiral fit gouverner et servir sur la ville d'Alger; qu'à deux heures vingt-deux minutes il fit amener le pavillon parlementaire; qu'à deux heures trente minutes on battit la générale ; qu'à deux heures quarante-huit minutes, on était mouillé à cent yards (trois cents pieds) des premières batteries du Môle ; et qu'à deux heures cinquante minutes le feu commença par tribord.

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