REVUE DE L'ARMÉE ET DE LA FLOTTE. 2S
« Soldats, un prince auguste vient de parcourir vos rangs. Il «i voulu se convaincre lui-même que rien n'avait été négligé pour as.«nrer vos succès et pourvoir à vos besoins. Sa constante sollicitude nous suivra dans les contrées inhospitalières où vous allez combattre. Vous vous en rendrez dignes en observant cette discipline sévère qui valut à l'armée qu'il conduisit à la victoire l'estime de la France et celle de l'Europe entière. »
Le vice-amiral Duperré se borna, après la revue passée par le Dauphin, à adresser à l'armée navale l'avis suivant :
« Monseigneur le Dauphin a été pleinement satisfait de la manne. Le roi le saura. Que ce témoignage de haute satisfaction, que Son Altesse Royale a daigné inc permettre de transmettre à Vannée navale, soit pour chacun de nous l'avant-courcur de ceux dont nous devons encore nous rendre dignes. »
Ce ne fut que plus tard, en montant à bord de la Provence, que le commandant en chef de la flotte adressa à l'armée navale son ordre du jour, qui se terminait par ces mots : Vive le roi!
C'était à ce cri, qui, pendant tant de siècles, avait été pour la France le cri du combat, du danger et de la victoire, que l'expédition d'Afrique allait s'accomplir.
Pendant que le général en chef de l'armée expéditionnaire et le vice-amiral commandant en chef de la Ûottc parlaient ainsi aux soldats et aux marins placés sous leurs ordres, le roi écrivait aux êvèques pour les inviter à demander à Dieu de bénir nos armes. Cette lettre close du roi, écrite aux archevêques et évoques du royaume, était ainsi conçue .
«Monseigneur l'évoque, au moment où le pavillon français se déploie pour aller punir l'insulte d'une puissance barbaresque, nous aimons à nous souvenir des pieux exemples des rois nos ancêtres, qui placèrent toujours sous la protection divine leurs entreprises militaires. Nous avons la ferme espérance que, si les liénédictions du ciel accompagnent sur les rivages d'Afrique les nobles vengeurs de l'honneur de la France, le succès de cette guerre sera glorieux pour nos armes; notre triomphe sera un bienfait pour la religion et l'humanité. Notre intention est que
vous ordonniez des prières dans toutes les églises de votre diocèse, pour obtenir du Dieu des années qu'il protège toujours la bannière des lis et qu'il nous donne la victoire, que semblent déjà nous promettre la justice de notre cause et la valeur de nos soldats. »