‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 117 sur 214 · Moîjstrelet, t. III, fol · texte numérisé non relu

Moîjstrelet, t. III, fol

184 CO.NCLUSION

'^■'2 parts, demandèrent à capituler et y contraignirent '*^^ les citoyens. Ils obtinrent la faculté de s'embarquer et d'emmener avec eux tous ceux des habitants qui voudraient les suivre ; il en partit un si grand nombre, que durant beaucoup d'années, Bordeaux resta dépeuplé et sans commerce*.

Aux termes de la capitulation, vingt personnes seulement devaient être bannies pour avoir conspiré contre les Français. De ce nombre furent les sires de l'Esparre et de Duras ; leurs biens et ceux de tous les autres suspects servirent à récompenser les vainqueurs. Le roi se retira à Tours; mais il laissa de fortes garnisons dans toutes les villes , voulant, dit un contemporain , tenir aux habitants le fer au dos 2. Et pour mettre, ajoute le même historien, la ville de Bordeaux en plus grande sujétion qu'elle n'avait jamais été, les Français y bâtirent deux citadelles, le Chàieau-Trompette et le fort de Hâ. Pendant que les ouvriers travaillaient à élever ces deux forteresses , on saisit le sire de l'Esparre , qui avait rompu son ban ; on le mena à Poitiers, où il fut condamné à mort, décapité et coupé en six morceaux, qui furent exposés en différents lieux.

Longtemps après cette dernière conquête de la Guyenne, beaucoup d'hommes y regrettèrent encore le gouvernement des Anglais, et furent attentifs à saisir l'occasion de renouer des intelligences avec l'Angleterre. Ils ne réussirent point dans ces intrigues ; mais on en craignait l'effet, et les ordonnances

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