‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 119 sur 214 · Ibid , p · texte numérisé non relu

Ibid , p

CONCLUSION io7

d'Armagnac, qui entreprit de relever la fortune de «"3 son pays, et réussit à reprendre quelques places, vaincu de même, fut condamné et mis à mort. Enfin ^^'^ Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, qui nourrissait ou auquel on supposait de semblables desseins, eut la tête tranchée à Paris, aux Piliers des Halles.

Cette sanglante leçon ne fut point perdue pour les barons de Gascogne ; et quoique beaucoup d'hommes dans ce pays tournassent leurs yeux de l'autre côté de rOcéan ; quoiqu'on y espérât longtemps encore voir revenir, avec des secours anglais , Gaillard de Dur fort, sire de Duras , et les autres Gascons ou Aquitains réfugiés en Angleterre', personne n'osa tenter ce qu'avaient entrepris les d'Armagnac. Le comte de Foix, le plus puissant seigneur des Pyrénées, ne songea plus à tenir auprès des rois de France d'autre conduite que celle d'un loyal serviteur, galant à leur cour, brave dans leurs camps, dévoué à la vie et à la mort. La plupart des chefs de ces contrées et les nobles de la province de Guyenne suivirent la même carrière ; ne pouvant plus rien être par eux-mêmes, ils briguèrent les titres et les emplois que le roi de France donnait à ses favoris. Beaucoup d'entre eux en obtinrent, et même supplantèrent les Français d'origine dans les bonnes grâces de leurs propres rois. Ils durent cet avantage, plus brillant que solide, à leur finesse naturelle, et à une aptitude pour les affaires qui était le résultat de leurs

1. Rymer, Fœdera, conventioncs, litteree, t. V. pars III, p. 64, od. de La Haje.

1477 longs et pénibles efforts pour maintenir leur indépendance nationale contre l'ambition des rois voisins.

Lps habitniits dn pays de Galles.

1200 Le reproche d'inconstance et de perfidie que les iib2 populations libres du midi de la Gaule reçurent longtemps de leurs ennemis nationaux, les Français et les Anglo-Normands , fut constamment adressé par ces derniers aux indigènes de la Cambrie ^ Si en effet c'était perfidie de ne tenir aucun compte du droit de conquête et de faire de continuels efforts pour secouer le joug étranger, les Gallois seraient véritablement le plus déloyal de tous les peuples; car leur résistance contre les Normands, par la force et par la ruse , fut aussi opiniâtre que l'avait été celle de leurs aïeux contre les Anglo- Saxons. Ils faisaient une guerre perpétuelle d'escarmouches et de stratagèmes, se retranchant dans les forêts et les marécages, et ne se hasardant guère en plaine contre des cavaliers armés de toutes pièces. La saison humide et pluvieuse était celle où les Cambriens étaient invincibles^ : alors ils renvoyaient leurs femmes, et chassaient leurs troupeaux dans les montagnes, cou-

1. Wallensium fides est fidei caventia... (Mattli. Paris^ tome II, p. 437.)

2. Videntes tempiis hyemale ma-lidum sibi fuisse opportuuiim. (Ibid., p. 938.)

paient les ponts, faisaient des tranchées dans les 1200 étangs, et voyaient avec joie la brillante chevalerie 1282 de leurs ennemis s'engloutir dans l'eau et la fange de leurs marais*. En général, les premiers combats leur étaient favorables; mais, à la longue, la plus grande force l'emportait, et une nouvelle portion du pays de Galles se trouvait conquise.

Les chefs de l'armée victorieuse prenaient des otages, désarmaient les habitants, et les forçaient de jurer obéissance au roi et aux justiciers d'Angleterre ; ce serment prêté de force était bientôt violé ^, et le peuple gallois assiégeait les châteaux des barons et des juges étrangers. A la nouvelle de cette '^^^ reprise d'hostilités , les otages emprisonnés en Angleterre , dans les forteresses royales , étaient ordinairement mis à mort, et quelquefois le* roi luimême les faisait exécuter en sa présence. Jean, fils de Henri II, en fit pendre un jour vingt- huit, tous en bas âge, avant de se mettre à table ^

Telles sont les scènes que présente la lutte des Gallois contre les Anglo-Normands, jusqu'à l'époque où le roi Edouard , premier du nom depuis la conquête, franchit les hautes montagnes de la Cambrie septentrionale, qu'aucun roi d'Angleterre n'avait passées avant lui. Le plus haut sommet de ces montagnes, appelé en gallois Craigeirï, ou le pic neigeux, et en anglais Snoivdon, était regardé comme sacré

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