Philippe de Couiines, éd. de Denis Godofroy, 1649, p
à la royauté par le droit de sa mère, issue d"E- '^ss douard III. N'ayant ni croix ni pile, dit un vieil historien*, il s'adressa au roi de France, Louis XI, qui lui donna quelque argent, à l'aide duquel il enrôla trois mille hommes en Normandie et en Bretagne. Il partit du port de riarfleur, et, après six jours de traversée, débarqua dans le pays de Galles, patrie de ses aïeux paternels. A son débarquement, il déploya un drapeau rouge, l'ancien drapeau des Cambriens comme si son projet eût été de soulever la nation pour la rendre indépendante des Anglais '^. Cette nation enthousiaste, sur laquelle la puissance des signes fut toujours très-grande, sans examiner si la querelle de Henri Tudor et de Richard III ne lui était pas étrangère, se rangea, par une sorte d'instinct, autour de son vieil étendard.
Le drapeau rouge ^ fut arboré sur la montagne de liss Snowdon, que le Prétendant désigna pour rendez- 1531 vous à ceux des Gallois qui lui avaient promis de s'armer pour sa cause; pas un ne manqua au jour fixé *. Les bardes mêmes, retrouvant leur ancien esprit, chantèrent et prophétisèrent dans le style d'autrefois la victoire des Kymrys sur l'ennemi saxon et normand. Mais il ne s'agissait pas d'affranchir les Cambriens du joug de l'étranger, et tout le fruit de la victoire devait être de placer un homme qui avait dans les veines un peu de sang gallois sur le trône
1. Pliilippe de Comines, éd. de Denis Godefroy, p. 25i^. 'J, Peimant's Tour in Wnlpx, vol. I, p. 31.