‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 142 sur 214 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

1795 langue bretonne; car celui des indigènes de la province de Cornouailles vient de tomber à l'état de langue morte, vers la fin du siècle dernier. Il est vrai que depuis le dixième siècle, où elle fut refoulée par les Anglo-Saxons au delà de la rivière de TamerS la population de Cornouailles n'a jamais joué aucun rùle politique. Au moment de la conquête normande, elle soutint les Anglais des provinces voisines dans leur résistance aux étrangers; mais, vaincue avec eux, elle subit toutes les chances de leur destinée ultérieure. A mesure que de proche en proche elle se fondait avec les populations de race anglaise, son langage originel perdait du terrain dans la direction du nord au sud : de sorte qu'il y a cent ans l'on ne trouvait plus que quelques villages à l'extrémité du promontoire, où l'ancien idiome du pays fût encore parlé. En 1776, des voyageurs questionnèrent, sur ce sujet, un vieux pêcheur de l'un de ces villages, qui leur répondit : «Je ne connais guère « que quatre ou cinq personnes qui parlent breton, « et ce sont de vieilles gens comme moi, de soixante « à quatre-vingts ans ; tout ce qui est jeune n'en sait « plus un mot^. »

Ainsi le dix-huitième siècle a vu finir la langue du pays de Cornouailles, laquelle n'existe plus aujourd'hui que dans un petit nombre de livres. Elle différait d'une manière assez remarquable du dialecte gallois, et avait probablement été parlée dans l'an-

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