‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 161 sur 214 · Froissart, vol. IV, chap. lxiii, p · texte numérisé non relu

Froissart, vol. IV, chap. lxiii, p

»3i7 rone. S'ils n'y renonçaient pas d'eux-mêmes, souvent iwi l'opinion publique les contraignait à rejeter ces signes d'alliance avec les ennemis du pays :car elle avait des organes respectés et craints de tout Irlandais.

Ces organes de la louange ou du blâme populaire étaient les bardes, poètes et musiciens de profession, dont l'autorité immémoriale était fondée sur la passion des Irlandais pour les vers et pour le chant. Ils formaient en Irlande une espèce de corps constitué dont on prenait l'avis dans les circonstances importantes ; et les devoirs d'un bon roi, selon d'anciennes maximes politiques, étaient d'honorer les bardes et de se conformer aux lois. Depuis l'invasion des Anglo -Normands, la corporation des bardes avait pris parti contre eux, et aucun ne s'était démenti dans son attachement à l'antique liberté du pays. Ils ne louaient guère dans leurs vers que les ennemis du gouvernement anglais, poursuivant de leurs satires mordantes quiconque s'était réconcilié avec lui et en. avait accepté quelque faveur. Enfin, ils plaçaient hardiment au-dessus des princes et des chefs amis des rois d'Angleterre les rebelles et les bandits qui, par haine du pouvoir étranger, exerçaient le vol à main armée , et pillaient de nuit les maisons des Saxons K Sous ce nom, les indigènes comprenaient toute la population, soit anglaise, soit normande, qui ne parlait point la langue erse, et qui probablement employa de bonne heure un langage mixte, composé de français et de vieux anglais. Ils

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