‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 4)Chapitre 132 sur 269 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

1074 souvent braver par des injures le roi qu'il n'avait pu détrôner. Un jour, aux fêtes de Pâques, Guillaume, suivant l'usage de la cour de Normandie, qui envoya, comme s'il eût été libre, un habit complet d'étoffes précieuses, cotte et manteau de soie, justaucorps garni de fourrures étrangères ^ Roger examina en détail ces riches vêtements avec un air de satisfaction ; puis il fit allumer un grand feu et les yjeta^. Le roi, qui ne s'attendait point à voir ses dons reçus de la sorte, en fut vivement courroucé, et jura, par la splendeur de Dieu (c'était son serment favori), que l'homme qui lui avait fait un tel outrage de sa vie ne sortirait de prison ^.

Après avoir raconté cette déplorable destinée du fils de l'homme le plus puissant après le roi, et qui avait le plus excité Guillaume à entreprendre sa conquête^, l'historien né en Angleterre, et, quoique étranger d'origine, touché des misères de son pays natal, s'écrie dans une sorte d'enthousiasme patriotique : « Où est-il à présent ce Guillaume, fils d'Os- « bern, vice-roi, comte de Hereford, sénéchal de «Normandie et d'Angleterre^? Lui qui fut le pre- « mier et le plus grand oppresseur des Anglais, qui, « par ambition et par avarice, encouragea la fatale « entreprise où périrent tant de milliers d'hommes, « il est tombé à son tour, et a reçu le prix qu'il mé-

1. ... Structum pretiosaruni vestinra. (Orderic. Vital. Hist. ecclesiast., lib. IV, apud Script, rer. normcmn.j p. 535.)

Page 1