Ibid., p
« Répouds-moi donc positivement, afin que je voie ce 1077 «que j'aurai à faire; car je suis fermement résolu 1079 « à ne plus vivre du pain d'autrui, et à n'être aux « gages de personne * . »
Le roi répondit, en colère, qu'il ne se dessaisirait point de la Normandie, où il était né, et ne partagerait avec qui que ce fût l'Angleterre, le prix de ses fatigues*. « Eh bien! dit Robert, je m'en irai, j'irai « servir les étrangers, et peut-être obtiendrai -je chez « eux ce qu'on me refuse dans mon pays'. » Il partit en effet et parcourut la Flandre, la Lorraine, l'Allemagne, puis la France et l'Aquitaine, visitant, dit l'ancien historien, des ducs, des comtes et de riches seigneurs châtelains, leur contant ses griefs, et leur demandant des secours V; mais tout ce qu'il recevait pour le soutien de sa cause, il le donnait à des jongleurs, à des parasites ou à des femmes débauchées, et se trouvait bientôt obligé de mendier de nouveau, ou d'emprunter à grosse usure ^ Mathilde , sa mère, lui envoyait quelquefois de l'argent à l'insu du roi. Guillaume l'apprit, et le lui défendit; elle recommença, et le roi irrité lui reprocha, en termes amers, « de distribuer à ses ennemis le trésor qu'il lui
1. « Hue, domine mi rex, non accessi pro serraonibus audiendis... hoc, tixum est apiid me... quod... nemini militabo. » (Orderic. Vital. Hist. ecclesiast., lib. VI, apud Script, rer. normann., p. 570.)
2. « Natale solum Normanniœ... Anglise quoque regnum, quod ingenti nactus sum labore. » (Ibid.)