‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 4)Chapitre 149 sur 269 · Unus eorum, pro omnibus loquens... (Ibid · texte numérisé non relu

Unus eorum, pro omnibus loquens... (Ibid

1080 rent un moment, comme pour consulter ensemble sur le payement de la somme demandée ; mais tout à coup l'orateur, qui était le chef du complot, s'écria en langue anglaise : « Courtes paroles , bonnes paroles : tuez l'évêque ^)) A ce signal, ils tirèrent leurs armes, se jetèrent sur le Lorrain, le tuèrent, et avec lui une centaine d'hommes de race normande ou flamande^. Deux serviteurs, Anglais de nation, furent seuls épargnés par les conjurés ^. Le soulèvement populaire s'étendit jusqu'à Durham; la forteresse qu'y avaient bâtie les Normands fut attaquée; mais la garnison, nombreuse et bien pourvue de munitions, résista aux Northumbriens, qui se dispersèrent, découragés, après un siège de quatre jours *.

A ce nouveau signe de vie donné par la population du nord, Eudes, évêque de Bayeux, frère du roi et l'un de ses lieutenants en son absence, marcha promptement vers Durham avec une nombreuse armée. Sans prendre le temps ni la peine de faire une enquête sur le soulèvement, il se saisit au hasard d'hommes qui étaient restés dans leurs maisons, et les fit décapiter ou mutiler '\ D'autres ne

1. .. Prœcipitanter, patria lingua, dixit : Short rei, goot red, slea ye the byshoppe. (Matth. Paris, t. I, p. 10.)

2. Et centum homines cum eo Franci et Flamingi. (Chron. saxon., ecl Gibson, p. 184.)

3. Diiobus tantum anglicis ministris, propter consanguinitatem , peporceriint. (Florent. Wigorn. Chron., p. 640.)

4. Quarto die obsidionis, abscedentes per diversa disperguntur. (Simeon. Dunelm. HisL dunelm. eccles., lib, III, apud Hist. anglic. Script., 1. 1, coL 48, éd. Selden.)

5. Miseros indigenas, qui, sua confisi innocentia, domi resederaut, plerosque ut noxios aut decollari aut menibrorum detruncatione

rachetèrent leur vie qu'en abandonnant tout ce qu'ils possédaient K L'ëvèque Eudes pilla l'église de Durham, et enleva ce qui restait des ornements sacrés qu'Eghelwin avait sauvés en les transportant dans l'île de Lindisfarn ^ 11 renouvela dans tout le Northumberland les ravages que son frère y avait faits en l'année 1070; et c'est cette seconde dévastation qui, ajoutée à la première, imprima aux contrées du nord de l'Angleterre l'aspect de désolation et de tristesse qu'elles présentaient encore plus d'un siècle après ^. « Ainsi, dit un historien posté- « rieur de soixante- dix années, furent tranchés les « nerfs de cette province, jadis si florissante. Ces « villes autrefois renommées, ces hautes tours qui « menaçaient le ciel, ces campagnes riantes de pâtu- « rages et arrosées d'eaux vives, l'étranger qui les. « voit gémit de pitié, l'ancien habitant ne les recona naît plus ^ »

Dans ce pays tout ruiné qu'il était, la population, demi-saxonne, demi-danoise, garda longtemps son ancien esprit d'indépendance et de fierté un peu sauvage. Les rois normands successeurs du bâtard habitaient en pleine sûreté les provinces méridio-

praîceperunt debilitari.(Simeoii. Dunelm. Hist. dunelm. eccles.^ lib. III, apud Hist. anglic. Script.^ t. I, col. 48, éd. Selden.)

1. NonnuUis ut salutem et vitam pretio redimerent, crimen falso imponebatiiv. (Ibid.)

2 Quredam ex ornamentis ecclesiœ... abstulit. (Ibid.) — Voyez livre IV, p. 88 et 89.

3. Ut provincise illius reliquias, quse aliqiiantum respiraverant, funditus exterminaret. (Willelm. Malmesb., de Gest. pontifie, angl., lib. III, apud Ber. nnqlic. Script.., p. 277, éd. Savile.)

A Si C|iuc u.ii u \i u, i.Livgrii.iis, 1) ;.e'.nit; si quis... vêtus incola, nou agnoicit. liid., p. 103. )

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