‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 4)Chapitre 155 sur 269 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

contre le pouvoir de celui qu'ils qualifiaient haute- loso ment d'intrus *. L'abbé, par esprit national, ou par m-î fantaisie de despotisme, voulait que ces moines saxons apprissent à chanter les oiRces d'après la méthode d'un musicien fameux dans la ville de Fécamp, et les Saxons, autant par haine de la musique normande que par habitude, tenaient au chant grégorien "2. Ils reçurent plusieurs fois l'injonction d'y renoncer, ainsi qu'à d'autres anciens usages; mais ils résistèrent jusqu'au point de déclarer un jour, en plein chapitre, leur ferme résolution de ne pas changer '. Le Normand se leva furieux, sortit, et revint aussitôt à la tête d'une compagnie de gens armés de toutes pièces \

A cette vue, les moines s'enfuirent vers l'église, et 1082 se réfugièrent dans le chœur, dont ils eurent le temps de fermer la porte ". Les soldats qui les poursuivaient, se trouvant arrêtés, essayèrent de la forcer. Pendant ce temps, quelques-uns d'entre eux escaladèrent les piliers, et, se plaçant sur les solives qui couronnaient la clôture du chœur, commencèrent l'attaque de loin et à coups de flèches ^. Les moines, réfugiés près du maître-autel, se glissaient

1. Monachos in victnalibiis miserabiliter tractare^ liinc lites verborum, animorum discordicc quia^ ut ait Lucanus, nescit plèbes jejuna timere. (Willelm. Malmesb., de Gest. pontifie, angl., lib. II, apud Rer. anylic. Script., p, 254, éd. Savile.)

2. Ut cujusdam Willelmi Fiscanensis cantum discerent et caiitarent. (Willelm, Malmesb., de Antiquit. glaston. eccles., apud Rer. an-fjUc. Script., t. III, p. 331, éd. Gale.)

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