Régi nuncios... oonsilio crebrius inito... (Ibid
ment, qu'au mois de juillet 1086 il y eut une émeute lose générale où le roi fut tué par les soldats ^ : ce fut le signal d'une guerre civile qui enveloppa tout le Danemark; et de ce moment le peuple danois, occupé de ses propres querelles, oublia les Anglo-Saxons, leur servitude et leurs maux.
Ce fut la dernière fois que la sympathie des Teutons du Nord s'exerça en faveur de la race teutonique qui habitait l'Angleterre. Par degrés les Anglais, désespérant de leur propre cause, cessèrent de se recommander au souvenir et à la bienveillance des peuples septentrionaux. Les exilés de la conquête moururent dans les pays étrangers et y laissèrent des enfants qui, oubliant la patrie de leurs ancêtres, n'en connurent plus d'autre que la terre où ils étaient nés ^. Enfin, dans la suite, les ambassadeurs et les voyageurs danois qui se rendaient en Angleterre, n'entendant retentir à leurs oreilles, dans les maisons des grands et des riches, que la langue romane de Normandie, et faisant peu d'attention au langage que parlaient les marchands anglais dans leurs échoppes ou les bouviers dans leurs étables, s'imaginèrent que toute la population du pays était normande, ou que la langue avait changé depuis l'invasion des Normands "\ Envoyant les trouvères français parcourir les châteaux et les
1. Hiat. S. Canuli régis, apud Script, rer. danic, t. III, p. 352 et seq.
2. I])soruin etiam Anglonim qui in Daniam tedio Normannorum dominationis profugi... (Pontani Rer. danic. Hist., lib. V, p. 197.)
3. Lingua vero in Anglia niutata est, ubi Wilbelmus Notluis Angliam subegit; ex eo enim terapore in Anglia invaluit lingua
villes, et faire les délices de la haute classe en Angleterre, qui eût pu croire, en effet, que, soixante ans auparavant, les scaldes du Nord y avaient joui de la même faveur*? Aussi, dès le douzième siècle, l'Angleterre fut-elle regardée par les nations Scandinaves comme un pays de langage absolument étranger. Cette opinion devint si forte, que dans le droit d'aubaine du Danemark et de la Norvège les Anglais furent classés au rang des peuples les plus maltraités. Dans le code qui porte le nom du roi Magnus, à l'article des successions, on rencontre les formules suivantes : « Si des hommes de race an- « glaise ou d'autres encore plus étrangers à nous... si « des Anglais ou d'autres hommes parlant un idiome «sans aucune ressemblance avec le nôtre ^..» Ce défaut de ressemblance ne pouvait s'entendre de la simple diversité des dialectes; car, aujourd'hui même, le patois des provinces septentrionales de l'Angleterre est, à la rigueur, intelligible pour un Danois ou un Norvégien ^ Vers la fin de l'année 1086, il y eut à Salisbury,
francico-iiormannica (walska). [Sagan af Gunnlaugi, cap. vii^ p. 87. Hafniœ, 1775.)
1. Gunnlangus (islandeiisis...) ad''reo;em (Ethelredum) accessit... « Carmen heroicum de te composai ciii vellem audiendo \'acares. » Rex ita fore annuit, unde Gunnlangus... recitavit... Eadem tum Anglise quœ (Daniîe et) Norwegiœ fuit lingua. (Ibid.)
2. y Si jam Angli aut alii qui comrauni nobiscum sermone vel lingua non utuntur... Si homines Angli, vel alii magis adhuc nobis ignoti. » (Codex juris Islandorum dictus Gragas, tit. de haeredit., cap. VI et XVIII; Dissert, de ling. danic., apud Sagan af Gunnlaugi, p. 247.)
3. La principale et presque la seule différence vient des mots français qui s'y sont introduits en grand nombre.