LIVRE VII
race normande, remplissait l'objet principal de son intrusion en Angleterre ; car, au moyen de questions insidieuses faites dans les épanchements de la dévotion, il était aisé de découvrir la moindre pensée de révolte ; et rarement celui que le prêtre interrogeait ainsi savait se garder d'un homme à qui il croyait le pouvoir de lier et de délier sur la terre comme dans le ciel. L'évêque d'Ely fit part de sa découverte aux autres évêques et aux agents supérieurs de l'autorité * : mais malgré la promptitude de leurs mesures, beaucoup de conjurés, et les plus considérables, dit le narrateur contemporain, eurent le temps de prendre la fuite ^. Ils se retirèrent chez les Gallois, afin d'exciter ce peuple à la guerre contre les Normands ^ Ceux qui furent saisis périrent, en grand nombre, par le gibet ou d'autres genres de supplices *.
Cet événement eut lieu soixante-six ans après la dernière défaite des insurgés d'Ely, et soixantedouze après la bataille de Hastings. Soit que les chroniqueurs ne nous aient pas tout dit, soit qu'après ce temps le fil qui rattachait encore les Saxons aux Saxons, et en faisait un peuple, n'ait pu se renouer, on ne trouve plus dans les époques suivantes aucun projet de délivrance conçu, de commun accord, entre
1. Et per eum reîiquis prœsulibus regni et optimatibus atque tribunis regiisque satellitibus pervulgata est. i^Orderic. Vital. Hist. ecclesiast., lib. XIII, apud Script, rer. normann., p. 912."!
2. PoiTO nonnulli malitite conseil... fugerunt, et relictis omnibus divitiis et honoribus suis, exulaverunt. (Ibid.)
3. Potentiores si quidem... ad resistendum temere animati sunt. (Ibid.)