LIVRE IV
leurs aïeux, mais sous de tout autres auspices ^ Dès io69 que le bruit de leur approche se fut répandu dans les lieux d'alentour, de toutes parts les chefs de race anglaise, tous les Anglais en masse, vinrent des bourgs et des campagnes faire amitié avec les Danois et se joindre à eux ^. Le jeune roi Edgar, Merlsweyn, Gospatrik, Siward Beorn, et beaucoup d'autres réfugiés, accoururent promptement de l'Ecosse. On vit arriver aussi Waltheof, fils de Siward, échappé, comme Edwin et son frère, du palais du roi Guillaume : il était encore très -jeune, et se faisait remarquer, de même qu'autrefois son père, par une taille élevée et une grande vigueur de corps *. Les Saxons se placèrent à l'avant-garde, les Danois formèrent le corps d'armée, et c'est dans cet ordre qu'ils marchèrent sur York, les uns à cheval, les autres à pied, tous pleins de joie, dit la chronique contemporaine '*. Des messagers les devancèrent pour avertir les citoyens que leur délivrance appro-
1. Orderic. Vital. Hist. ecclesiast.^ lib. IV, apud Script, ver, nor" marin., p. 513.
2. Dani Eboracum accedunt, nimisque incolavum contubernio aucti sunt. (Ibid.) — Chron. saio».^ Fragm. sub anno mlxviii, apudG7oss., éd. Lye, t. II, ad finem.
3. Erat quippe nervosus lacevtis, thorosus pectore, robustus et procerus toto corpore. (Vita et passio Wal ievi comitis, Chron. anglo- «orw., t. II, p. 112.) — Matth. Westmonast. Flor. histor., p. 229. — Voyez plus haut, livre III.
4. Et cuncti regionis incola3, equitantes et iter facientes cum immenso agmine, valde exultantes, et ita omnes unanimiter ad Eboracum profecti sunt. {Chron. saxon., Fragm. sub anno mlxviii, apud Gloss., ed.'Lye, t. 11^ ad finem.) — Guallevus enim, Gains Patritius, Marius Suenus... antesignani erant, et Danos Northwigenasque praecedebant. (Orderic. Vital. Hist, ecclesiast., apud Hist. normann. Script., p. 513.)
1069 chait, et bientôt la ville d'York fut investie de toutes parts. Dans le huitième jour du siège, les Normands qui gardaient les deux châteaux, craignant que les maisons voisines ne fournissent aux assaillants des matériaux pour combler les fossés, mirent le feu à ces maisons ^ L'incendie gagna rapidement, et ce fut à la lueur des flammes que les insurgés et leurs auxiliaires, aidés par les habitants, pénétrèrent dans la ville et forcèrent les étrangers de se renfermer dans l'enceinte de leurs citadelles ; le même jour, les deux citadelles furent emportées d'assaut^. Dans ce combat décisif périrent, comme s'exprime la chronique saxonne, bien des centaines d'hommes de France ^ Waltheof, placé en embuscade à l'une des portes des châteaux, tua de sa propre main, à coups de hache, beaucoup de Normands qui cherchaient à s'enfuir*. Il poursuivit, avec ses compagnons, cent chevaliers jusque dans un petit bois voisin, et pour s'épargner la peine d'une plus longue course, il fit mettre le feu au bois, où les cent chevaliers furent
1. Timentes ne domns, qui'eprope castella erant, adjumenta Danis ad fossas implendas essent. (Alured. Beverlac. Annal, de Gest. reg. Brilann., lib. IX, p, 128 , éd. Hearne.) — Franci urbem combusserant, et etiam sanctum cœnobium S. Pétri penitus spoliaverant et combusserant. (Chron. saxon., Fragm. sub anno MLXViii, apiid Gloss., éd. Lye, t. Il, ad fînem.)
2. Dani et Nordhimbri eadem die castella fregerunt. (Alured. Beverlac. Annal, de Gest. reg. Britaiin., lib. IX, p. 128, éd. Hearne.)
3. Et castellura diruerunt et everteruiit, et multos centenos hominum fraucorum necarunt. (Chron. sajcon., Fragm. sub anno mlxviii, apud Gloss. ^ éd. Lye, t. II. ad tinem.) — Multa ibidem hominum millia. (Matlh. Paris., t. I, p. 6.)
4. Plures Normannorum solus obtruncaverat, unos et unos per portas gradientes decapitans. (Vita et passio Waldevi comitis, Chron. anglo-norm., t. Il, p. 112.)