‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 4)Chapitre 78 sur 269 · LIVRE V H · texte numérisé non relu

LIVRE V H

qui se croyait un demi-clieu parmi des brutes, qui ne comprenait ni Ja prière, ni les raisons, ni les excuses proférées dans l'idiome des vaincus, se joignait encore celui d'être regardé comme traître ou comme suspect par les Saxons indépendants, frénétiques de désespoir comme les Normands l'étaient d'orgueil *. Aussi nul habitant n'osait s'aventurer dans le voisinage de sa propre maison ; la maison de chaque Anglais considérable qui avait juré la paix et donné des otages au conquérant était close et fortifiée comme une ville en état de siège ^ . Elle était remplie d'armes de toute espèce, d'arcs, de flèches, de haches, de massues, de poignards et de fourches de fer ; les portes étaient munies de verrous et de barricades. Quand venait l'heure du repos, au moment de tout fermer, l'ancien de la famille se levait, et prononçait à haute voix les prières qui se faisaient alors sur mer aux approches de l'orage ; il disait : « Que le Sei- « gneur nous bénisse et nous aide ; » tous les assistants répondaient Amen ^. Cette coutume subsista en Angleterre plus de deux siècles après la conquête^. Dans la partie septentrionale de la province de Cambridge il y a une vaste étendue de terres basses et marécageuses, coupées en divers sens par des rivières. Toutes les eaux du centre de l'Angleterre, qui ne coulent pas dans le bassin de la Tamise

1. ... Vecordes e superbia efticiebantur. (Orderic, Vital. Hist. ecclcsiast., lib. IV, apud Script, rer. normann., p. 523.)

2. Dorauscujuslibetpacifici quasi municipium obsidendum. (Matth. Paris. Vitse ahbatum S. Albanie t. I, p. 46.)

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