‹ Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands (volume 5)Chapitre 154 sur 268 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

tyrannique *. Les faits manquent pour constater cet io83 accroissement d'oppression et de misère pour le peuple vaincu, et l'imagination ne peut guère y suppléer, car il est difficile d'ajouter un seul degré de plus au malheur des années précédentes. La seule différence qu'on puisse remarquer entre l'époque de la conquête qui suivit la mort de Mathilde et celles que le lecteur a déjà parcourues, c'est que le roi Guillaume, n'ayant plus rien à gagner en pouvoir sur les indigènes, commença dès lors à se créer une domination personnelle sur ses compagnons de victoire. La nécessité eut probablement à cette entreprise autant de part que l'ambition ; et, comme il ne restait plus rien à enlever aux Anglais, le roi se vit obligé de lever sur les Normands eux-mêmes des contributions pour le maintien de la propriété commune. Dans cette année 1083, il exigea six sous d'argent pour chaque hyde ou charruée de terre, dans tout le royaume, sans distinction de possesseur ^. Le guerrier normand, usé par vingt ans de combats, se vit contraint de payer, sur les revenus du domaine qu'il avait conquis dans ses jours de force et de jeunesse, la solde d'une nouvelle armée.

De cette époque date l'origine d'un esprit de défiance mutuelle et d'hostilité sourde entre le roi et ses vieux amis. Ils s'accusaient réciproquement d'avarice et d'égoïsme. Guillaume reprochait aux

1. Istius... consilio rex pacifiée cum ânglis tractabat, post raortem vftvo ipsius... omnem induit tyrannidem. (Thomae Rudborne Hist. major Winton. ; Anglia sacra, t. I, p. 257.)

2. De unoquoque aratro, id est hyda terrae^ totius regni, sex solidos ccpit argeuti. (Mattli. Paris, t. I, p. 11.)

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