‹ Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands (volume 5)Chapitre 175 sur 268 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

d'autres disent à Winchester, un rendez-vous général de tous les conquérants ou fils de conquérants. Chaque personnage en dignité, laïque ou prêtre, vint à la tète de ses hommes d'armes et des feudataires de ses domaines. Ils se trouvèrent soixante mille, tous possesseurs au moins d'une portion de terre suffisante pour l'entretien d'un cheval ou d'une armure complète'. Ils renouvelèrent successivement au roi Guillaume leur serment de foi et d'hommage, en lui touchant les mains et en prononçant cette formule : « De cette heure en avant, je « suis votre homme lige, de ma vie et de mes mem- « bres ; honneur et foi vous porterai en tout temps, « pour la terre que je tiens de vous; qu'ainsi Dieu « me soit en aide ^. » Ensuite la colonie armée se sépara, et ce fut probablement alors que les hérauts du roi publièrent en son nom les ordonnances suivantes ' :

« Nous voulons fermement et ordonnons que les « comtes, barons, chevaliers, sergents, et tous les « hommes libres de ce royaume, soient et se tience nent convenablement pourvus de chevaux et « d'armes pour être prêts à nous faire en tout temps

1. Omnes terrarii.,. (Annales tcaverleierises , apud Fer. anglic. Script., t. II, p. 133, éd. Gale.) — Ealle... land sittende-men. {Chron, saxon., éd. Gibson, p. 187.) — Et LX millia militum invenit. (Orderic. Vital. Hist. ecdesicist.j lib. Vil, apud Script, rer. normann., p. 649.)

2. Chron. saxon., éd. Gibson, p. 187. — Matth. Westmonast. Flor. histor., p. 229.

3. Quos omnes, dum necesset esset, paratos esse prascepit. (Orderic. Vital. Hist. ecclesiast., lib. VII, apud Script, rer. normann., p. 649.)

1086 « le service légitime qu'ils nous doivent pour leurs « domaines et tenures *.

« Nous voulons que tous les hommes libres de ce « royaume soient ligués et conjurés comme des « frères d'armes pour le défendre, maintenir et « garder selon leur pouvoir ^

« Nous voulons que toutes les cités, bourgs, châ- « teaux et cantons de ce royaume soient gardés « toutes les nuits, et qu'on y veille à tour de rôle « contre les ennemis et les malfaiteurs ^.

« Nous voulons que tous les hommes amenés par « nous d'outre-mer, ou qui sont venus après nous. M soient, par tout le royaume, sous notre paix et « protection spéciale ; que si l'un d'eux vient à être «tué, son seigneur, dans l'espace de cinq jours, « devra s'être saisi du meurtrier ; sinon il nous « payera une amende conjointement avec les An- « glais du district où le meurtre aura été commis ■*.

« Nous voulons que les hommes libres de ce « royaume tiennent leurs terres et leurs possessions « bien et en paix, franches de toute exaction et de « tout taillage, de façon qu'il ne leur soit rien pris

1. « Statuimus. . . et firmiter praicipimus, ut omnes comités et barones, et milites et servientes, et... liberi homines totius regni nostri... habeant et teneant se semper bene in armis et in equis ut (lecet et oportet. » (Seldeni notœ ad Eadmeri Hist. nov., p. 191.)

2. « Praîcipimus ut omnes liberi homines totius rôgni prœdicti siut fratres conjurali. » (Ibid.)

3. « Singulis uoctibus vigilentur et custodiantur in gyrum. » (Ibid.)

4. « Ut omnes homines quos nobiscum adduximus aut qui post nos venerint, sint sub protectione et in pace nostra per universum regnum, et si quis de illis occisusfuerit... o(Ibid., p. 190.)

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