Eadmeri Hist. noc, p. 56, éd. Selden
« sur ma tête un morceau d'étoffe noire, et quand je (( refusais de m'en couvrir , elle me traitait fort du- (( rement. En sa présence, je portais ce morceau d'é- «toffe ; mais dès qu'elle s'était éloignée, je le jetais à « terre, et marchais dessus avec une colère d'enfant ' . » Anselme ne voulut point prononcer seul sur cette grande difficulté, et convoqua une assemblée d'évêques, d'abbés, de religieux et de seigneurs laïques, dans la ville de Rochester. Des témoins cités devant ce concile confirmèrent la vérité des paroles de la jeune fille. Deux archidiacres normands, Guillaume et Humbault, furent envoyés au monastère où Mathilde avait été élevée, et déposèrent que la voix publique, ainsi que le témoignage des sœurs, était d'accord avec sa déclaration^. Au moment où l'assemblée allait délibérer, l'archevêque Anselme se retira pour n'être point suspect d'exercer la moindre influence; et, quand il revint, celui qui portait la parole au nom de tous énonça en ces termes la décision commune : « Nous pensons que la jeune fille est « libre, et peut disposer de son corps, nous autori- « sant du jugement rendu, dans une semblable cause, « par le vénérable Lanfranc, au temps où les fem- « mes saxonnes, réfugiées dans les monastères par « crainte des soldats du grand Guillaume, réclamè- « rent leur liberté ^. »
1. (I Cum aJolescentula essem et sub araitse meœ Christianse... virga paverem, illa servandi corporismei causa, contra furentem et cujusque pudori... insidiantem Normannorum libidinem, nigrum panniciilum capiti nieo siiperponere... soletat.» (Eadmeri Hist. nov., p. 56 et 57, el. Selden.)