LIVRE IV
et la ghilde ou confrérie municipale des bourgeois*. io6« La municipalité, pleinement libre, était régie par ses magistrats électifs, la cour avait pour chef l'officier du palais qu'on nommait staller, intendant^. Ce poste, à la fois civil et militaire, venait d'être rendu à l'homme qui l'avait exercé sous l'avant -dernier règne; c'était un vieux guerrier, nommé Ansgar, que ses fatigues et ses blessures avaient paralysé des jambes, et qui se faisait porter en litière partout où son devoir l'appelait^. Guillaume l'avait rencontré, en 1051 à la cour du roi Edward; il crut possible de le gagner à sa cause, et lui fit porter par un émissaire secret ses propositions et ses offres, qui n'étaient rien moins, en cas de succès, que la lieutenance du royaume.
On ne peut dire si Ansgar fut ébranlé par ces promesses, mais il les reçut avec réserve, et, gardant sur elles un secret absolu, il prit un parti qui devait le décharger du .péril d'avoir avec l'ennemi des intelligences personnelles. De son chef ou d'accord avec les conseillers du roi, il réunit les principaux
1. Voyez, sur ce genre d'institutions, le chapitre vi des Considérations sur l'histoire de France placées en tête des Bécils des temps mérovingiens.
2. Voyez Ed. Lye, Dictionn. saiomco et gothico-latinum, aux mots Stallere, Steaîlere. — Esegarus regiœ procurator aulœ, qui est anglice dictus stallerC; i. e. regni vexillifer. (Chron. anglo-normandes, t. II,