Voyez t. I, liv. II, p. 145 et
2. Angli... inter quos vivimtis, quosclam sibi instituerunt sanctos, «luorum incerta sunt mérita. (Jolian. Sarisburiensis, de Vila Anselmi archiep. cantuar. ; Anglia sacra, t. II, p. 162.)
3. Cum itaque martyrem non faciat pœna sed causa... eum ob hoc a paganis... interemptum deprehendo, quod, ad redemptionem corporis sui, pecuniam, quœ exigebatur, noluit extorquere. (Ibid.)
soit raisonnable, soit superstitieuse, excitent souvent le courage des opprimés plus que la perte même de la liberté et du bien-être. Les insultes prodiguées aux objets d'une ancienne dévotion, Jes souffrances des évêques, une sorte de haine fanatique contre les innovations religieuses de la conquête, agitèrent fortement les esprits, et devinrent le mobile d'une grande conspiration qui s'étendit sur toute l'Angleterre *. Beaucoup de prêtres s'y engagèrent, et trois prélats en furent les chefs : c'étaient Frithrik, abbé de Saint- Alban ; Wulfstan, évêque de Worcester, le seul homme de race anglaise qui eût encore un évêché, et Walter, évêque de Hereford, Flamand de naissance, le seul parmi les étrangers, évêque avant la conquête, qui se soit montré fidèle à la cause de sa patrie adoptive ^. Le nom du jeune roi Edgar fut prononcé de nouveau; il circula des chants populaires où on l'appelait le beau, le brave, l'enfant chéri de l'Angleterre ^. Les deux frères Edwin et Morkar quittèrent pour la seconde fois la cour du Normand. La ville de Londres, jusque-là paisible et résignée à la domination étrangère, commença à se montrer turbulente, et, comme disent les vieux historiens dans un langage malheureu-
1. Plures convocando, exercitum nmnerosum ac fortissimum conllavenmt. (Matth. Paris. VUse abbatum S. Albatii, t. I, p. 48.)