LIVRE PREMIER I
gue cambrienne l'attestent, ainsi que des ruines d'une époque inconnue, attribuées par la tradition vulgaire à une race éteinte de chasseurs qui dressaient, au lieu de chiens, les renards et les chats sauvages *. Cette population primitive de la Bretagne fut repoussée vers l'ouest et vers le nord par l'invasion graduelle des étrangers qui avaient abordé à l'orient.
Une partie des fugitifs passa la mer et gagna la grande île, que ses habitants appelaient Érin 2, et les autres îles de l'ouest, peuplées, selon toute apparence, d'hommes de même race et de même langage que les aborigènes bretons. Ceux qui firent retraite au nord de la Bretagne trouvèrent un asile inexpugnable dans les hautes montagnes qui se prolongent depuis les bords de la Cl jde jusqu'aux extrémités de l'île, et ils s'y maintinrent sous le nom de Gaels ou Galls 3, qu'ils portent encore. Les débris de cette race dépossédée, auxquels vinrent se joindre, dans différents temps, plusieurs bandes d'émigrés de l'ile d'Érin, formèrent la population de l'Albanie <»u du haut pays de l'île de Bretagne, population étrangère à celle des plaines du sud, et son ennemie naturelle, à cause des ressentiments héréditaires nés du souvenir de la conquête. L'époque où s'opérèrent ces mouvements de population est incertaine ; et ce fut dans un temps postérieur, mais aussi difficile à
1. Horae britannicœ, t. II, p. 31 et p. 327. — Ces ruines sont appelées ordinairement CyMiai/ y Gioyd lelad, maisons des Gaëls. — Voyez Edward Lhuyd, Archxologia britcMiiica.