‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les NormandsChapitre 43 sur 233 · Voyez ibid., lib. I, cap. xxvir. p · texte numérisé non relu

Voyez ibid., lib. I, cap. xxvir. p

« décesseurs, l'évèque d'Arles areçulepallium, et je a ne dois point le priver de l'autorité qu'il possède. « Mais quant aux: évèques de ia Bretagne, je les « confie tous à ta fraternité, pour que tu enseignes les « ignorants, que tu raffermisses les faibles et que tu « corriges les mauvais1. » Ce mandat sans restrictions ni réserves s'appliquait à une Eglise depuis longtemps privée de relations avec l'Église romaine, décimée par la conquête et réfugiée dans un coin du pays qu'elle avait couvert autrefois. En imposant au clergé breton, comme réformateur délégué par le siège apostolique, l'évèque des Anglo-Saxons, il mettait en présence, d'une part les droits de la hiérarchie catholique, de l'autre l'esprit d'indépendance nationale exalté par le malheur. Un pareil rapprochement, opéré d'une manière brusque et impérieuse, loin de rétablir l'union interrompue et la discipline affaiblie, ne pouvait qu'aliéner les affections de l'Église bretonne et faire succéder pour elle à un isolement de fait un schisme volontaire et déclaré.

Le pape Grégoire ne soupçonnait pas cette dangereuse complication. Il savait que des trois anciennes provinces de la Bretagne deux étaient possédées par une nation païenne, mais, quant aux circonstances particulières et aux suites de cet événement, il ne s'en rendait pas un compte exact. 11 ignorait ce

1. « In Galliarum episcopos nullam tibi auctoritatem tvibuimus: h quia ab antiquis pra?decessorum meorum temporibus pallium Arelau tensis episcopus accepit... Britanniarum vero omnes episcopos tuse u fraternitati oommittimus , ut indocti doceantur, infirmi persuasions « roborentur, perversi auctoritate corrigantur. » (Bedœ Hist. ecclesiast. gentis Anglor.. lib. I, cap. xxvn, p. 85 et 86.)

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