En langue bretonne, Beirdd, Bardes
gue des anciens Bretons l, et les liens de parenté for- *w niaient la base de leur état social. Les gens du plus 4i3 bas étage, parmi ce peuple, notaient et retenaient de mémoire toute la ligne de leur descendance, avec un soin qui, chez les autres nations, fut le propre des riches et des grands2. Tout Breton, pauvre comme riche, avait besoin d'établir sa généalogie, pour jouir pleinement de ses droits civils et faire valoir ses titres de propriété dans le canton où il avait pris naissance; car chaque canton appartenait à une seule famille primitive, et nul ne possédait légitimement aucune portion du sol, s'il n'était membre de cette famille qui , en s'agrandissant , avait formé une tribu.
Au-dessus de cet ordre social, d'où résultait une fédération de petites souverainetés héréditaires, les Bretons, affranchis de l'autorité romaine, élevèrent, pour la première fois, une haute souveraineté nationale : ils créèrent un chef des chefs 3, un roi du pays, comme s'énoncent leurs vieilles annales , et ils le firent électif. Cette institution nouvelle, destinée à donner au peuple plus d'union et plus de force contre les attaques du dehors, devint pour lui, au contraire,
1. « Penleulu is, literallv, the head of the family. » (The Laws of Hysvel Dda, Cambrobriton, vol. II, p. 298, à la note.)
2. Genealogiam quoque generis sui etiarn de populo quilibet observât, et non solum avos, atavos, sed usque ad sextam vel septimam, et ultra procul generationem memoritr et prompte genus enai-rat... (Giraldi Cambrensis Cambrise descripiio, cap. xvil; Carnden, Anglica, Normannira, Hibernica, Cambrica, a veievibus scripta, in-folv 1603, Francfort, p. 890. C'est ce même ouvrage que nous citerons sous le nom de Britannia.)