‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 111 sur 228 · LIVRE II. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE IV

néventins contre Ursileo ou Orsèolo, général grec, qui perdit dans cette lutte la victoire et la vie (1). Les vainqueurs s'emparèrent de la Pouille, qui resta pendant sept ans en leur pouvoir (2), La Lombardie eut sa part de ce salutaire repos, sous le sceptre de Bérenger, dont l'or et la politique continuaient à garantir ses États de la désastreuse visite des Hongrois. Ces barbares ravageaient la Moravie, la Bohême, la Styrie, le pays des Dalmates et des Bulgares , en attendant que le roi de Lombardie, poussé à bout par l'envie et l'ingratitude , ennemis souvent plus dangereux que la plus formidable armée, rompit enfin lui-même la digue qu'il avait opposée si long-temps aux flots de cette multitude avide prête à tout envahir.

(1) LupusProtospata, In chrome. ï T. v,Rer. Italie, Anno 921, interiit Ursileo Straiigo in prœlio de Asculo, mense aprilis et apprehendit Pandulfum Apuleo. On doit lire, d'après l'observation motivée de Camillus Pellegrinus, et adoptée par Muratori , Landulfus Apuliam et non Pandulfum Apuleo.

Muratori, pas plus que Lupus Protospataet l'annotateur Camillus Peregrinus qu'il cite, et que nous avons consultés, ne fait mention des causes qui amenèrent ces collisions entre les Grecs et le Bénévent. On se rappelle qu'il y a peu d'années ce duché avait reconnu pour maîtres les empereurs de Constantinople.

(2) Liuthprand, In legationibus, cité par Muratori, anno 921, T. v, p. 264. Principem Landolfum septennio potestative Apuliam sibi subjugasse.

Aucun prince ne connut plus que Bérenger la bonne et la mauvaise fortune. Les revers n'avaient jamais abattu sa constance : la victoire et les grandeurs humaines n'avaient pas davantage altéré les nobles qualités de son âme. Personne ne poussa plus loin que lui la clémence et l'oubli des injures.

Bérenger, depuis trente-trois ans, était roi de Lombardie; il portait depuis sept ans le titre d'empereur, lorsque quelques grands que fatiguaient sa longue et glorieuse prospérité, la tranquillité de l'Italie sous son règne , et peut-être même le souvenir des bienfaits dont il les avait comblés, vinrent lui préparer de nouvelles traverses. Leur inquiète jalousie parvint à lui susciter un nouveau rival dans la personne de Rodolphe II, roi de la Bourgogne transjurane, dont l'autorité s'étendait jusque sur la Suisse, la Savoie et d'autres contrées voisines de la Lombardie. Un mariage avec Berthe, fille de Burcard, duc de Suève (1), avait valu à Bodolphe cette augmentation de puissance qui , ainsi que cela

(1) MURATORI, T. v, p. 265. Les auteurs de Y Art de vérifier les dates doutent que Berthe, épouse de Rodolphe 11^ fût réellement la fille de Burcard (u, 431 ) ; mais ils ne font pas connaître sur quels motifs ils se fondent pour ne pas partager un sentiment adopté par tous les historiens. A ce propos, nous croyons devoir faire remarquer que cette

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