‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 152 sur 228 · LIVRE Ul. — CHAPITRE ÏIÏ · texte numérisé non relu

LIVRE Ul. — CHAPITRE ÏIÏ

ce prince une armée sous les ordres de Sur lion ou Sarilon , comte du palais.

Ans-car se porte vaillamment à la rencontre de l'ennemi, qui cède d'abord à l'impétuosité de son premier choc (1); mais de nouvelles troupes viennent renforcer l'armée de Sarilon.

Le duc de Spoletti lutte long- temps contre des forces trop supérieures en nombre; ses colonnes , débordées de toutes parts , s'ébranlent , fléchissent, la confusion se met dans leurs rangs; enfin tout fuit en désordre , malgré les héroïques efforts tentés par Anscar pour rétablir le combat : le prince lui-même, enveloppé, entraîné par le flot des fuyards , est jeté avec son cheval au fond d'un ravin, où il périt percé de cent coups de lances, comme naguères Burcard dans les fossés de Novare.

Sarilon, pour prix de sa victoire, fut investi du duché de Spoletti et de Camerino, dont Hugues le dépouilla bientôt après pour accroître les possessions d'un de ses bâtards , de cet Hubert qu'il avait déjà gratifié du duché de Toscane après en avoir dépouillé d'abord son frère utérin Lambert , puis Boson , son frère de père et de mère.

(I)GiULïm, Stor. (h MU., T. n. Ann. 939.

Bérenger était plus difficile à vaincre. Hugues , désespérant de le réduire par les armes , emploie son arme habituelle , la ruse et la trahison. Ses perfides prévenances attirent à la cour de Pavie le marquis d'Yvrée qu'il comble de caresses et de présens. Pendant que le jeune prince se laisse fasciner par les séductions de cette cour dissolue , le roi de Lombardie assemble son conseil ; on délibère à la hâte sur le sort d'un ennemi dangereux qui, si imprudemment, s'est laissé prendre au piège. Les infâmes conseillers , dignes de leur maître infâme, décident en masse qu'on fera grâce de la vie à cet hôte de leur roi, mais qu'on lui crèvera les yeux (1), sous le prétexte encore d'une conspiration dont on se dispensera de prouver l'existence. Un seul cœur se soulève dans le conseil contre cet arrêt inique. Lothaire, trop jeune et trop timide pour oser élever la voix contre la volonté de son père qui, en sa présence, ose donner son adhésion à une telle sentence, résultat de ses secrètes inspirations et de ses ordres tyranniques, Lothaire sort du conseil tout attéré de ce qu'il vient d'entendre et de ce qu'il ose à peine croire. Le

(1) MURATORI, Ami. ctlt., T. V. — GlULlNl ,Storia di Mil., T. Tl. — Verry, Storia di MU. , T. Ier.

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