‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 178 sur 228 · LIVRE UT. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE UT. — CHAPITRE IV

Othon, à cette triste nouvelle, se hâte de retourner en Germanie où il emmène Adélaïde, et laisse à Pavie son gendre Conrad , duc de Lorraine, avec des troupes suffisantes pour défendre cette capitale contre toute agression du roi dépossédé (1). Mais déchu du trône, fugitif, réduit à se cacher, Bérenger savait bien qu'il n'avait aucun secours à attendre de ceux qu'avait pressurés son farouche despotisme; loin donc de penser à lutter contre les Germains, il ne songea qu'à fléchir le puissant monarque devenu l'époux de celle qu'il avait si brutalement persécutée : les prières , les flatteries , les présens , tout fut employé par ce prince pour se rendre Conrad favorable, et pour obtenir enfin de lui qu'il l'accompagnerait en Germanie pour l'aider, par son influence , à gagner les bonnes grâces d'Othon et le pardon d'Adélaïde.

Othon , malgré les instances de Conrad , refusa pendant trois jours de recevoir Bérenger. Toutes les démarches du prince italien eussent été infructueuses, même avec l'appui du gendre , si la veuve outragée , si la sainte épouse ,

(!) Muratori. — Giulini, d'après Saint Odillon , Rosweda et autres.

si la reine Adélaïde n'eût fait entendre sa voix d'ange et n'eût plaidé la cause de son barbare oppresseur , soupçonné, mais non convaincu, du plus lâche des crimes. Othon finit par se rendre aux prières de celle qui demandait qu'on oubliât , comme elle-même , les persécutions qu'elle avait endurées. Il permit à Bérenger et à son fils Adalbert de retourner en Italie avec le titre de rois , se bornant à exiger que par serment ils se reconnussent ses vassaux , et à détacher du royaume de Lombardie les Marches de Vérone et d'Aquilée qu'il donna au prince Henri, son frère (1).

De cette époque datent sérieusement les prétentions des empereurs d'Allemagne à la souveraineté de la haute Italie, qui entraîne le vasselage du reste de la Péninsule (2).

Bérenger supportait de mauvaise grâce le joug qu'Othon avait imposé à sa royauté restée depuis sans force comme sans prestige dans ses mains. Son âme nourrissait en secret une violente rancune contre les évêques et les seigneurs qu'il savait avoir appelé le prince germain en Italie. Azzon surtout, ce loyal guerrier qui, échap-

(1) Continuateur de RhÉGINON. — L'annaliste SAXON. — Othon, èvêque de Frisinga, cités par Muratori, T. v. p. 3^3 etsuiv. , anno 952.

(2) Puffend. , Hist. Univ., T. v, Emp. d'Allem.

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