CHAPITRE II. — DEUXIÈME ÉPOQUE
après il meurt victime d'un lâche assassinat motivé sur le malencontreux appel fait par cet infortuné monarque aux bandes hongroises. Ce meurtre odieux , commis par un habitant de Vérone, que Bérenger avait comblé de ses bienfaits, fut vengé sur la malheureuse Pavie qui , livrée aux barbares , n'offrit bientôt plus qu'un monceau de ruines.
Ici, les enfans de Berthe, de cette fille célèbre de la non moins célèbre Waldrade et de Lothaire, vont occuper et dominer la scène.
Une fille de Berthe, Hermengarde, après avoir poussé son époux, Adalbert d'Yvrée, dans les rangs de Rodolphe contre l'empereur Bérenger, et prostitué son veuvage à ce jeune et fougueux monarque devenu roi des Lombards , Hermengarde enlace son amant dans les perfides lacets d'une intrigue qui le rejette au delà des Alpes , et livre la couronne de Lombardie à un de ses frères utérins , fils de Berthe , au trop fameux Hugues.
Félon, hypocrite, parjure, dévoré d'avarice et d'ambition , jaloux et persécuteur de ceux qui l'avaient élevé au trône, spoliateur du faible par la violence et du puissant par l'astuce, frère ingrat et barbare, tel fut ce roi selon l'histoire, mais non pas selon Liuthprand, dont la partia-
lité n'est point douteuse. Hugues, pour servir sa cupide ambition, outrage la mémoire de celle à qui il doit le jour, renie , persécute et dépouille ses frères , conspire la ruine et la perte des petits-fils de l'empereur Bérenger qui lui font ombrage , et ose devenir l'époux de l'impudique Marozie , veuve d'Albéric et de Guy, son frère, monstrueux hymen qui semble lui promettre l'empire : honteux calculs , cruautés odieuses , perfide habileté , qui aboutiront à la déchéance et à l'exil de celui qui avait osé rêver le trône des Césars.
Ce trône venait d'être vainement offert par Rome à Henri-FOiseleur qui l'avait dédaigné, ou plutôt qui en avait redouté le décevant éclat.
Mais à Henri va bientôt succéder Othon, dont la main puissante ne trouvera pas trop lourd le double poids du sceptre royal de Lombardie et du glaive des empereurs d'Occident.
Les querelles , les exactions , les turpitudes des rivaux subalternes qui se disputent en Lombardie la souveraine puissance, vont faciliter les voies au grand homme pour la réussite de ses projets ambitieux.
Comme son aïeul Bérenger après la victoire de Guy, le fils du marquis Adalbert avait été chercher contre l'injuste oppression de Hugues,