‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 30 sur 228 · LIVRE IV. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE V

veu. Peu en mesure de lui résister, il quitte à la hâte cette capitale dont le froid accueil lui a fait pressentir les dispositions peu sympathiques de ses sujets lombards , et se rend à Tortone où , croyant ajouter un titre de plus aux droits qu'on vient lui contester, il fait couronner l'impératrice Richilde par le pape ; mais à peine cet acte est-il accompli, qu'effrayé par les progrès de l'agression de Carloman, l'empereur envoie Richilde dans les défilés des Alpes avec ses trésors. Charles, à la première annonce du péril, avait invoqué l'assistance de tous les seigneurs et souverains d'Italie ; aucun d'eux ne s'était rendu à son appel ; Boson lui-même était resté sourd à ses ordres comme à ses menaces (1). Cependant l'armée de Carloman s'avance toujours ; une terreur panique s'empare des faibles troupes de l'empereur ; tout s'enfuit sur les pas de Richilde, avec d'autant plus de honte que l'armée de Carloman se met à fuir de son côté , sur le bruit faussement répandu que Charles marche contre elle avec des forces supérieures en nombre (2).

Par une étrange coïncidence des événemens, les deux princes furent presqu'en même temps

(1) GlULINJ.

(2) Ann. Rertiwam, anij. 877. — Mératôri, ibid. , GiUUNi, ibid.

frappés de maladie. Carloman contracta , dans cette expédition, le germe d'un mal qui devait le conduire au tombeau trois ans après ; de son côté , Charles-le-Chauve , surpris dans sa fuite par une fièvre violente , fut contraint de s'arrêter à Brios , village du mont Cenis. On assure qu'un juif ? nommé Sédécias, médecin de l'empereur et qui avait toute sa confiance , hâta sa mort par le poison; mais, comme l'observe le président Hénault , aucun historien ne fait connaître quels furent les instigateurs de ce crime qu'il est permis de révoquer en doute. Ne serait-il pas plus simple de n'attribuer, avec Giulini, la mort de Charles-le-Chauve qu'à un accès de rage et de honte qu'auraient occasionné à ce monarque ses revers multipliés? Voltaire dit avec quelque raison : « Que pouvait gagner Sé- » décias en empoisonnant son maître? Auprès » de qui eût-il trouvé une plus belle fortune? » Aucun auteur ne parle du supplice de ce mé- » decin. Il faut donc douter de l'empoisonne- » ment, et faire réflexion seulement que l'Eu- » rope chrétienne était si ignorante que les » rois étaient obligés de chercher pour leurs » médecins des Juifs et des Arabes. »

L'empereur mourut le 13 octobre 877, sur ce mont élevé qui sépare les deux royaumes dont

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