LIVRE Ier. — CHAPITRE II
de lui et tout fouler aux pieds ; tous ces orgueils blessés se liguèrent pour faire de cet orgueil dominateur un grand holocauste à leur jalousie toujours croissante et à leur haine long-temps comprimée.
La faiblesse de la santé de Charles et la préoccupation d'esprit qu'exigeait la conduite d'un empire trop vaste pour lui, avaient influé sur les facultés mentales de ce prince. On profita de cette circonstance pour faire parvenir jusqu'à lui des accusations qui touchaient à son honneur et dont s'irrita sa fierté ; on sema des insinuations infâmes à l'occasion de la confiance que l'impératrice accordait à Lui tward. Charles, avec cette précipitation et cette brusque violence de tous les hommes faibles quand leur tête s'irrite , chasse son ministre sans rien examiner et le dépouille de ses honneurs.
Peu de jours après il fait comparaître l'impératrice Richarde devant son conseil , et déclare, à la grande surprise de toute l'assemblée , que depuis dix ans il n'a eu aucun commerce avec elle. L'étonnement redouble quand la princesse ajoute à cette déclaration de l'empereur, qu'elle n'a jamais partagé sa couche et qu'elle est restée vierge ; elle fait l'offre, au moins étrange, de le prouver par le duel ou par l'épreuve du feu,