LIVRE If. — CHAPITRE IV
la note alphabétique, l'un à Metz, l'autre à Soissons (1).
Le chant de l'Église milanaise qui suivait le rite ambroisien, différait de celui de l'Église romaine* Le chant romain est plus doux, plus grave; l'ambroisien, qui se conserve encore à Milan, est plus fort et plus aigu (2).
Nous avons eu l'occasion de mentionner l'engagement qu'avait pris Charlemagne de ne permettre que le rite romain dans ses États, et la résistance qu'il rencontra en Lombardie où le rite ambroisien était en usage.
Voici ce que l'abbé Richard dit au sujet de ce dernier rite : « Le fond de la liturgie , se- » Ion le rite ambroisien , est le même que celui » de l'office romain ; mais la distribution des » psaumes pour les parties de l'office, les priè- » res et les cérémonies dans le sacrifice de la » messe, y sont différentes. C'est encore suivant » le rite ambroisien, que le carême ne com- » mence à Milan que le dimanche delà Quadra- » gésime, les quatre jours qui le précèdent » n'ayant été ajoutés pour compléter les qua- » rante, que dans le vne siècle : usage qui attire
(1) Voltaire, Hist. gënêr., chap. xv.
(2) Description historique et critique de l'Italie, par l'abbo Richard, T. Ier , Milanais, § 16.
» une multitude d'étrangers à Milan, où les théà- » très ne sont fermés et les plaisirs du carnaval » ne cessent que le samedi au soir.
» lien est de même, ajoute l'abbé Richard , de » l'abstinence et des processions des Rogations, » ou qui n'avaient jamais été observées dans » l'Église, ou qui n'y étaient plus en usage (1).
» Saint Charles les rétablit, et pour conserver » les libertés de son Église , il les plaça huit » jours plus tard que dans l'Église romaine» » Cette cérémonie pieuse commence par la dis- » tribution des cendres, qui ne se fait point dans » cette église le premier jour du carême , comme » dans l'Église romaine (2). »
Costume. — Les membres du clergé étaient
(1) On sait que , par suite des désastres occasionnés, en 800 , par le tremblement de terre qui , entre autres dommages , fit écrouler presque toute la toiture de la basilique de Saint-Paul , le pape Léon institua , à Rome , les Rogations pour les trois jours qui précèdent la fête de l'Ascension.
Il paraît que cette cérémonie existait en France depuis le ve siècle. Giulini en fait remonter l'établissement aussi à cette époque pour Milan. Ce qui ferait penser qu'elle fut fondée par saint Ambroise.
(2) Le même écrivain ( l'abbé Richard ) fait observer , dans une note , que l'usage , à Milan , n'est point de sonner les cloches à grandes volées comme ailleurs , qu'elles sont suspendues de façon qu'on ne peut que les tinter. C'est encore sans doute, ajoute-t-il, une des singularités du rit atnbroisien. (T. rr , Milan., § 16, note a. )