‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 147 sur 246 · LIVRE II. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE IV

servaient toute leur chevelure : reslare in capillo , signifiait conserver sa virginité.

Les fiancées portaient une couronne sur la tête : cet usage , dit Giulini , se continua longtemps , et l'on en voit des indices encore dans des monumens de 1216. Aujourd'hui, ajoute cet auteur, les jeunes vierges qui prennent le voile, sont dans l'usage de se couronner : peutêtre cet usage vient-il des anciens temps , nos jeunes novices se considérant comme fiancées du Seigneur,

Nous ajouterons que de nos jours encore, dans le Milanais , les villageoises forment , quand elles sont fiancées , et long-temps même avant le mariage , une couronne sur leur tête , avec une grande quantité d'épingles en argent , longues , plates et terminées généralement sur le haut, en forme de raquette ou de poire. C'est le cadeau du fiancé, qui se distingue d'autant plus que le nombre des épingles est grand. Nous ne serions pas éloignés de penser que cet usage villageois eut aussi son origine dans la coutume des anciennes fiancées lombardes.

Le vêtement des femmes différait peu de celui des hommes ; seulement leur tunique , beaucoup plus large , descendait du cou jusqu'aux pieds.

Des manches très larges aussi , partant des épaules , se terminant et s'ouvrant aux mains, laissaient voir au dessous, la manche d'un autre vêtement plus étroit. A l'un de ces deux vêtemens était fixé un petit capuchon bien étroit qui recouvrait le derrière de la tête ; de dessous ce capuchon sortait un bandeau qui ceignait tout le front jusqu'à la hauteur des yeux (1).

« Le linge , » dit Voltaire (2), « était peu » commun dans ces temps-là en Europe.

» Saint Boniface (3), dans une lettre à un » évêque d'Allemagne , lui mande qu'il lui en- » voie du drap à longs poils pour se laver les » pieds. Probablement ce manque de linge était » la cause de toutes ces maladies de la peau j » connues sous le nom de lèpre , si générales » alors. Les hôpitaux nommés léproseries étaient » déjà très nombreux. »

Commerce. — Les vieux Romains , occupés de gloire et de conquêtes au dehors , de brigues et de dissensions à l'intérieur, avaient peu de goût pour le commerce.

Le commerce a pour but d'acquérir des ri-

(1) Giulinj, T. icr, Mb. m.

(2) Hist. gêner., T. rr, chap. xv , page 163, art. Commerce.

(3) Saint Boniface, premier évêque de Mayence, vivait dans la première moitié du vnr siècle.

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