‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 150 sur 246 · LIVRE II. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE IV

Nous nous bornerons à quelques observations sur cette matière féconde.

On a remarqué, parle prix du blé dans l'antiquité , dans la double période des mérovingiens et des carlovingiens , et jusqu'au règne de Charles VII , époque de la découverte de l'Amérique, que l'or et l'argent ont graduellement augmenté de valeur , et que, depuis 1452, il y a eu dans ces mêmes espèces une dépréciation progressive jusqu'à nos jours.

Voltaire (1), comparant le prix du pain aux deux époques, apprécie la différence de cette valeur, depuis Charlemagne jusqu'à la moitié du xvme siècle, à l/8e.

Giulini a pris un autre objet de comparaison, et est arrivé , pour la même époque et pour la Lombardie, à la différence de 1/1 2e.

Nous basant sur la moyenne du prix de l'hectolitre du blé en France, depuis 1797 jusqu'à 1835 (2) , laquelle a été de 19 fr. 58 c. , et la comparant à la moyenne du prix du blé à l'époque où Voltaire écrivait , et qui était de

(1) Nous nous permettons de citer Voltaire, puisque le comte Germain Garnier a invoqué cette autorité, même dans ses mémoires sur les monnaies.

(2) Nous avons fait ce relevé sur les documens officiels recueillis dans la statistique dressée, en 1837, par ordre du ministre des travaux publics.

13 f. 97(1), nous trouvons que 13 f. 97 : 19 f. 58 : : 8 : 11 f. 21 , ce qui ferait à peu près le chiffre de Giulini.

Maintenant, réunissant les trois périodes, savoir :

De 1756 à 1790 (2) avec une moyenne

de 13 fr. 97

De 1797 à 1813 20 25

De 1814 à 1835 19 10

Nous trouvons un prix moyen de 16 fr. 77 c. par hectolitre de froment. Poursuivant la proportion , nous obtenons : 13 f. 97 : 8 f. : : 19 f. 58 : 11 fr. 21 : : 16 fr. 77 : 9 fr. 60. A ce compte, la dépréciation, depuis Charlemagne, de For et de l'argent appliqués aux choses les plus nécessaires à la vie, serait dans la proportion de 1 à 9,60, c'est à dire d'un peu plus qu'un 9e 1{2 pour les cent dernières années qui viennent de s'écouler.

Nous nous trouverions entraîné au delà du

(1) Ce qui résulte des mêmes documens officiels.

(2) Nous négligeons les sept années du régne de la terreur, des assignats et de la banqueroute. Il est curieux de remarquer que, pendant les trente et une années qui ont précédé la révolution de 89, le prix moyeu de l'hectolitre de froment a été de 13 francs 07 centimes, et que, pendant les trente et une aimées qui l'ont suivie, ce prix s'est éle\é à 19 francs 58 centimes lï2,

Page 1