‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 152 sur 246 · LIVRE H; — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE H; — CHAPITRE IV

de lumières , et à leurs coutumes , ne sont trop souvent que les rêves dangereux de quelques novateurs qui , sous prétexte d'établir l'égalité entre les hommes , ne veulent que les niveler tous au dessous d'eux. Dût cette uniformité dans les lois civiles , dans les lois criminelles , dans les lois de commerce , devenir un bienfait pour tous les peuples , ce bienfait ne pourra que tourner en calamité publique toutes les fois qu'on voudra l'imposer à la façon brusque , impérieuse et brutale de nos procustes modernes.

Comme le dit Montesquieu : « Il y a de cer- » taines idées d'uniformité qui saisissent quel- » quefois les grands esprits ( car elles ont tou- » ché Charlemagne ), mais qui frappent infail-

» liblement les petits

» La grandeur du génie ne consisterait-elle pas » à savoir dans quel cas il faut l'uniformité , et » dans quel cas il faut des différences? »

On peut dire en toute assurance, que l'uniformité dans les poids et mesures serait une des idées les plus fécondes en bons résultats. Charlemagne tenta vainement de l'établir.

Mille ans après, l'homme géant, qui a fait revivre un moment le grand empire carlovingien , a tenté , lui aussi , d'assurer le triomphe de cette idée qu'on reprend de nos jours avec

une ardeur nouvelle. Si, à travers toutes les incertitudes des choses de ce monde, il est permis de prévoir le succès général d'un système quelconque, certes rien ne nous semble mériter plus de confiance que l'avenir de notre admirable système métrique.

Ce système , à base fixe et rationnelle , à résultats évidens , matériels , positifs , doit tout attendre du temps et des progrès de la raison humaine. On le verra partout sortir triomphant de cette double épreuve , mortelle pour toutes les folles utopies modernes d'un philosophisme que le temps démasque et que la raison tue.

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