LIVRE III. CHAPITRE III
payer ( on ne dit pas si c'est au roi ou à l'officieux négociateur) la somme de cinquante mille écus d'or, et à reconnaître le roi de Lombardie pour son souverain.
Cujus tune consilio consentiens , ajoute Erchemperto , Romam adiit , aureos tribuit , sacramentum dédit , jusjurandum aecepit : nihil profieiensyinaîiis abscessit. Ce qui, selon nous, veut dire que, séduit par les promesses de Guy, Sigenulfe s'achemina vers Rome, paya la somme convenue, prêta le serment, reçut (1) en retour la parole royale, et, sans autre profit, s'en retourna les mains vides.
Mais que signifiait cette parole royale qui ne devait être que la simple investiture du duché de Bénévent, sans le secours des armées lombardes et françaises pour le conquérir? Or, ce secours était devenu nécessaire à Sigenulfe, car son rival avait eu le temps de réparer ses pertes ; un renfort de Sarrasins lui était venu ; le nouveau duc de Bénévent, paré d'un vain titre,
(1) Nous traduisons ainsi sacramentum dédit, jusjurandum aecepit.
iYluratori traduit ces mots par : diede il segreto , presc il giuramento. Notre interprétation nous paraît pouvoir être motivée par l'assertion d'Anastase, qui dit que Louis accorda au prince de Salerne ce qu'il était venu lui demander.
rencontra , dès son retour, plus d'obstacles et de résistance qu'il ne s'y attendait. Louis , en se rendant aux vœux de Sigenulfe , ne fît donc qu'envenimer la haine des deux princes rivaux : ce qui f dans l'intérêt de la domination des Français, pouvait n'être pas une faute. La guerre recommença dans le Bénévent, plus active, plus acharnée que jamais.
En attendant les résultats de cette lutte nouvelle, qui ne pouvaient que profiter à sa cause , Louis venait de faire courber sous son autorité le front d'un de ces ducs altiers , prenait acte de cet hommage à la souveraineté de la couronne de Lombardie, et préparait la voie qui , un jour, devait conduire ces deux grands ennemis à le subir, comme arbitre de leurs sanglans démêlés.
Ce règne, comme on le voit, a un brilla ni début. En peu de temps, Louis réprime les dé sordres de l'administration publique en Lombardie; un duc puissant, rebelle, victorieux , fléchit le genou devant l'autorité royale qu'il a trop long-temps bravée; et le droit des empereurs d'Occident, diulervenir dans la OOnsécra lion de^ papes, <ksi de nouveau reconnu el proclamé, en présence du jeune roi, parle peuple romain, par le clergé el l<k pape lui-même.