‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 85 sur 246 · LIVRE Ier. CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE Ier. CHAPITRE V

une image de la sainte Vierge, ayant sur ses genoux l'Enfant-Jésus à qui les mages venaient offrir leurs présens ; cette peinture , usée par le temps , était dans le plus misérable état: à l'approche de l'empereur , la figure de la Vierge et celle de l'Enfant-Dieu apparurent sous des couleurs vives dont la fraîcheur le disputait aux fresques les plus brillantes. Les mages restaient dans l'ombre , les présens qu'ils apportaient au divin Enfant avaient pris le même éclat que les figures principales : ce prodige , ajoute la chronique , dura deux jours.

L'historien Tatti dit qu'on n'a conservé à Gravedona aucun souvenir de ce tableau, comme aucune tradition de cet événement.

Giulini affirme, au contraire, avoir vu luimême, dans l'église de ce bourg, un très ancien baptistaire où l'on montre une peinture complètement semblable à celle décrite par les vieilles chroniques italiennes que nous citons. Ce tableau, à cause de cette même ressemblance, ajoute Giulini qui du reste , se refuse gravement à croire que ce soit celui sur lequel s'est opéré le prodige , est soigneusement conservé sous verre , et orné d'une lampe toujours allumée.

Cette peinture, dit encore l'historien mila-

nais , n'est pas à la place indiquée par les chroniques. « Dailleurs, » poursuit assez naïvement le savant écrivain , pour justifier son refus de croire à l'identité des deux tableaux, « corn- » ment une peinture usée déjà dans ces temps » reculés , et qui na repris son premier éclat » que pendant deux jours , ne serait-elle pas au- » jourd'hui complètement détruite? »

Si le fait est vrai , quant au retour des couleurs dans leur fraîcheur première , miracle qui peut s'obtenir par des moyens purement humains et à l'aide du pinceau de quelqu'artiste , ne pourrait-on pas croire à quelque pieuse supercherie qui, jetant une lumière éclatante sur les dons offerts par les mages , faisait ainsi un appel aux offrandes charitables des fidèles et surtout à la munificence de l'empereur?

Les chroniques ne disent point par quel pré sent Lothaire répondit à cet innocent appel.

Le séjour de Lothaire à la cour de France ne fut que de courte durée ; les affaires , sinon de la Lombardie laissées en bonnes et sûres mains, mais de Rome livrée à des vicissitudes toujours renaissantes , rappelèrent bientôt ce prince au delà des Alpes.

Théodore, prémicier de l'Église romaine, qui avait assisté au concile d'Alligni, et Léon, no-

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