‹ Histoire de la constitution civile du clergé (1790-1801) (volume 2)Chapitre 39 sur 71 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

S I. Après thermidor on continue en province à appliquer les lois qui proscrivent le culte, bien que les populations réclament la liberté religieuse. — Les proconsuls les plus cbmproinis saluent humblement la révolution nouvelle. — Les nouveaux commissaires luttent avec les terroristes, mais continuent la persécution. 312

§ II. Curieux embarras de Dartigojte au sujet du décadi. «- Mallarmé, à Toulouse, met beaucoup de suspects en liberté. — Il maintient le régime de la Terreur contre les chrétiens et impose le décadi. — Autre arrêté encore plus violent pour le Tarn. . » 317

§ III. Dans la Gironde, Bordas s'oppose violemment à l'exercice

reconnu qu'ils n'y réussiraient jamais (1). Et c'est un général, un despote contempteur des tdéologttes qui a rétabli la liberté religieuse, depuis longtemps détruite par ces prédicateurs emphatiques de liberté I L'homme d'épée a, par son bon sens pratique, réparé les sottises des six cents philosophes delà constituante ; le despote s'est montré bien plus philosophe et bien plus libéral que tous les hommes de 89 réunis (2). On peut faire de fort belles phases sur 89, sur la révolution qui a établi la liberté de conscience, mais elles ne peuvent prévaloir contre ce fait indéniable, qu'après onze ans de cette révolution, la France avait absolument perdu toute notion des conditions les plus élémentaires de la liberté religieuse! Le pouvoir absolu a été alors obligé

(1) Supposez qu*un gouvernement nouveau, établi après Tune de nos nombreuses révolutions, se soit avisé tout à coup d'imposer des évéques aux calvinistes français (ce que les anglicans, sous Charles II, ont fait aux calvinistes écossais), et de réclamer, sous peine de destitution, le serment de leurs ministres à cette organisation nouvelle , en déclarant qu'il respecte la liberté de conscience, mais juge seulement que Fancienne organisation en consistoires ne présente pas assez de garanties pour le pouvoir. Il trouve des ministres complaisants qui, pour de bons traitements et des honneurs, acceptent le titre d*évéque; des ambitieux et des peureux se groupent autour d'eux, prêtent serment et répètent, comme le gouvernement, que la forme épiscopale peut très bien être adoptée sans blesser les principes calvinistes. Les pasteurs non-conformistes, qui forment la grande majorité de la secte , sont, comme jadis en Ecosse, expulsés de leurs temples, traités de factieux ; naturellement, ils regrettent le régime déchu, qui maintenait leur ancienne organisation : aussi les accuse-t-on de conspirer pour le faire revenir ! Privés de leurs temples, ils veulent se réunir dans des chapelles louées ; Tautorité les fait envahir par des furieux, qui maltraitent les ministres et leurs auditeurs, et fouettent publiquement les femmes. Comme on ne vient pas à bout de briser la résistance des non-conformistes, l'État interdit absolument leur culte : il bannit leurs pasteurs, avec peine de mort pour ceux qui rentreront en France, et pour les laïques qui les recèleront. Cependant on finit par renoncer à cette église épiscopale protestante; on supprime ses traitements, on proclame de nouveau la liberté des cultes, mais on s'obstine à maintenir les lois de proscription portées contre les ministres qui ont refusé jadis de reconnaître les évéques du gouvernement. Voilà, en changeant les noms, comment les philosophes ont traité Téglise catholique de France, avec cette différence que la perturbation politique et religieuse a été bien plus profonde, car la proscription, au lieu de frapper une petite minorité et quelques centaines de ministres, a atteint quatrevingt mille prêtres au moins, et la majorité de la nation I

(2) '< A la fin du xviii» siècle , dit Grégoire, on a fait en grand lexpérience, que les prétendus philosophes , les athées , sont les êtres les plus intolérants et les persécuteurs les plus barbares. »

TABLE DBS MATIÈRES. 843

La loi du 11 prairial suscite des troubles à Rennes. — Grenot TaUénue sensiblement par un arrêté. — Elle donne lieu à de nombreuses vexations. — Les prêtres rentrent. — Modération relative du comité de législation 403

I II. Situation très critique de l'église constitutionnelle après la Terreur. — Elle est abandonnée par TÉtat. — Elle est affaiblie, et par les apostasies, et par les rétractations. — Les évéques réunis font une prétendue encyclique à leurs collègues, et modifient la constitution civile. — Les constitutionnels cherchent à se réorganiser. — Leurs impudentes vanteries. — Leurs calomnies contre les réfiractaires. — Leur dépit des succès de ces derniers. 413

§ III. La convention ajourne un projet assez tolérant. — Constitution de l'an III. — Elle déclare que l'État ne salarie aucun culte. — Loi persécutrice du 20 fructidor. — Les biens des prêtres déportés sont restitués. — La loi du 7 vendémiaire exige une nouvelle promesse. — Elle réglemente la liberté des cultes de la manière la plus tyrannique. — La loi du 3 brumaire frappe d'incapacité les parents et alliés des prêtres, et remet ceux-ci dans la même situation légale que pendant la Terreur 426

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