CHAPITRE XII
LBS CONSEILS BT LBS LOIS DB PERSÉCUTION
§ I. Mauvaises dispositions des conseils, des cinq cents surtout, pour la liberté religieuse. — Loi du 22 germinal an IV, défendant de sonner les cloches. — Les modérés soutiennent que les lois de persécution sont abrogées par la constitution. — Pour mettre fin à ce débat, les révolutionnaires veulent les faire voter de nouveau. — Rapport de Drulhe en faveur de la persécution. — Discours éloquents de Dubruel et de Pastoret en faveur des pré-
nir, parles articles organiques, à rexploitation de la religion. Cet espoir a été encore déçu, bien que, pour le réaliser, ils aient très persévéramment travaillé à fausser le régime concordataire. De là certaines plaintes, d'origine gouvernementale, contre le concordat, parce qu*avec lui on n'a pu réussir à faire de TégUse un instrumentum regni. Certains libéraux Font attaqué aussi pour un motif contraire, parce quil empoche Téglise de devenir un instrument d'opposition, dont ils voudraient bien disposer dans telle circonstance! Rien ne prouve mieux Tutilité du concordat que de telles attaques I
Si l'application du régime concordataire a donné, et donne encore lieu à des difficultés parfois assez graves, il faut s'en prendre à l'esprit révolutionnaire, car sa doctrine sur la manière dont l'église doit être traitée par l'État peut se résumer ainsi : Exploitation ou persécution 1 Mirabeau a soutenu, avec beaucoup de scandale, que le prêtre devait user et abuser de la chaire et du confessionnal pour propager et même imposer aux consciences les doctrines de la révolution (1). Beaucoup de libéraux sont encore (inconsciemment nous l'espérons) sous l'influence de cette odieuse doctrine, et ils voudraient appliquer le concordat dans cet esprit! Le catholicisme a été opprimé de 1790 à 1801, avec une violence et un acharnement inouïs, et au nom de la liberté religieuse ; aussi beaucoup de soi-disant libéraux, subissant l'influence de la tradition révolutionnaire, ne peuvent encore se mettre dans la tète qu'un prêtre ait les mêmes droits que tout autre citoyen; que le laïque croyant soit l'égal du libre-penseur on de l'indifférent! et ils le montrent très naïvement dans une foule d'occasions. Ils prêchent que l'église ne doit pas faire de politique, et ils lui demandent constamment d'en faire à leur profit, et ils lui en veulent de ne pas devenir entre leurs mains un instrument de règne ou d'opposition, suivant les circonstances: c'est là leur véritable grief contre elle. La plupart des difQcultés religieuses de notre époque ne viennent donc pas du concordat, mais de ces libéraux qui, sous l'empire des préjugés et des passions révolutionnaires, cherchent constamment à en
(!) Constitution civile du clergé ^ tome I«', p. 327 et suivantes.