‹ Histoire de la constitution civile du clergé (1790-1801) (volume 2)Chapitre 44 sur 71 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

LES DÉPORTATIONS FRUCTIDORIBNNBS

§ I. La chasse aux prêtres est reprise^ et en vertu des anciennes lois, et administrativement en vertu des arrêtés du directoire. —

jacobins, thermidoriens, fructidoriens, prairialistes, complices du 18 brumaire, qui se sont acharnés successivement à renverser l'œuvre de leurs prédécesseurs, ont tous persécuté à Tenvi, par les moyens les plus divers ! Les vainqueurs du jour semblaient regarder la persécution religieuse comme un pieux héritage de ces vaincus qu'ils venaient de proscrire, souvent de guillotiner! Les révolutionnaires ont commencé par imposer un schisme, qui est l'œuvre commune de Mirabeau, Barnave et Robespierre, par contraindre violemment les catholiques à reconnaître des évêques d^État, à suivre les offices d'un clergé d'État. La constitution civile proclame l'État grand pontife ; sans doute, ce n'est pas à Louis XVI qu'elle confère le pouvoir spirituel, mais à l'Etat, considéré comme un être abstrait, et l'oppression des consciences n'en sera que plus forte. C'est une œuvre césarienne au plus haut degré 1 Furieux de l'inutilité de leurs efforts, les révolutionnaires ont bientôt brisé leur église gouvernementale, profané ses temples, frappé son clergé, et adopté un système tout différent de persécution sous l'enseigne menteuse de la liberté absolue et de la séparation absolue. Ils ont proclamé la liberté, l'égalité complète des religions, tout en continuant de proscrire en masse le clergé catholique, pour n'avoir pas voulu reconnaître leur église officielle, maintenant abolie. Us ont proclamé la séparation absolue de l'église et de l'État, pour en faire subir toutes les charges à la religion, et lui enlever impudemment toutes les libertés que ce régime lui assure. Ils l'ont parquée dans l'intérieur des temples comme une industrie honteuse; ils ont feint de ne pas la connaître, pour mieux la frapper 1 Ils ont proclamé que l'État ne salariait aucun culte, et ne se mêlait point des affaires d'aucune religion, et ils ont empêché les fidèles de subvenir aux besoins de leur église, et se sont immiscés dans la hiérarchie, en défendant de prendre le titre d'évêques, à ceux-là mêmes iiu'ils avaient violemment imposés comme évêques aux catholiques! £n même temps, ils installaient dans les églises un nouveau culte officiel antichrétien, et s'étudiaient tous les jours à le rendre plus envahissant et plus vexatoire. Us empêchaient la vente du poisson les jours maigres! Ils voulaient forcer tous les chrétiens, catholiques, consUtu-

2 l^rannique du directoire, du 14 germinal. — Obstadet à la Tante du poisson. — Guerre déclarée au maigre 675

I IV. Lutte de Clément, intrus de Versailles, avec les autorités. — Biles prétendent qu'il Tiole la constitution en se disant évéque. — Le ministre François de Neufchâteau est de cet avis. — Clément propose inutilement de célébrer à la fois le dimanche et le décadi. — Discussion aux cinq cents. — On y prétend que fermer boutique le dimanche, c'est faire un acte extérieur du culte. — Lois des 17 thermidor et 13 fructidor an VL — Les fêtes décadaires sont célébrées dans les églises de manière à vexer les chrétiens. — Menaces violentes contre les prêtres pour les forcer à transférer le dimanche au décadi. — Persécution dans toute la France, et prêtres déportés, au sujet du culte décadaire .... 690

I V. Le directoire est sur le point de déporter Lecoz pour avoir écrit en faveur du dimanche. — Il veut contraindre à chômer le décadi, et à travailler le dimanche. — Message du directoire pour établir dans toutes les communes le culte décadaire 708

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