‹ Histoire de la constitution civile du clergé (1790-1801) (volume 2)Chapitre 47 sur 71 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DEUX MARIEURS DB PRÂTRES

§ I. Gouly remplace Javogues. — Il suspend Texécution de ses plus odieux arrêtés. — Il impose aux prêtres le mariage, comme prix de leur mise en liberté. — Il accorde aussi la liberté à un sus-

tous leurs temples, et jusqu'à leurs vases sacrés, et n'était suivie que par une faible minorité , ignorante ou terrorisée , exerçait la même tyrannie que Téglise anglicane d'Irlande, avant Témancipation des catholiques^ et au temps où la conformité était exigée par les plus cruelles persécutions.

Car la conformité était exigée à. l'église constitutionnelle comme à l'église anglicane, mais par des hommes qui ne croyaient pas en elle ! Les prêtres ne pouvaient pas exercer le culte en dehors de cette église officielle, et les fidèles qui ne voulaient point la suivre devaient renoncer à la messe et aux sacrements, et n'avaient point droit à la liberté accordée aux protestants cl aux juifs.

Pénalités, Le serment était exigé des évoques, curés, etc., sous peine d'expulsion de leurs fonctions. Le décret du 27 novembre 1790 (art. 6,7 et 8), pour assurer la conformité à l'église d'État, frappe en outre les insermentés d'incapacités politiques, en déclarant que tous ceux d'entre eux qui s'immisceraient dans leurs anciennes fonctions, c'est-à-dire se diraient toujours évéques et curés, et formeraient une église libre, seraient poursuivis comme perturbateurs, privés de leurs traitements, déchus des droits de citoyens actifs, et incapables d'aucune fonction publique. Mêmes peines pour les laïques qui se coaliseraient avec eux.

Cette loi pose le principe de la persécution contre les non-conformistes. Les évêques et les curés, soutenus par les fidèles , ayant élevé autel contre autel, les révolutionnaires, pour imposer à tous la conformité, recoururent à la violence et à l'illégalité.

A la violence ! car à Paris et dans beaucoup de localités, comme à Nantes, Bordeaux, etc., etc., ils se plaisaient à maltraiter prêtres et laïques, à fouetter impunément les religieuses et les femmes qui allaient à la messe des prêtres catholiques, dits réfractaires. Ces excès furent répétés pendant les années 1791 et 1792.

A l'illégalité ! car de nombreux départements empiétèrent Âudacieusement sur le pouvoir législatif, et prirent des arrêtés qui éloignaient les curés catholiques, à quatre, six, dix lieues de leurs paroisses, parfois même les internaient et les emprisonnaient. Le Finistère en donna l'exemple, le 22 avril 1791.

La constituante les laissa faire ; mais non par impuissance, car, le 11 février 179t, elle destituait le département du Bas-Rhin, et, le 31 mai, celui du Haut-Rhin, comme trop tièdes pour la constitution civile.

Le 7 mai, elle eut une velléité de tolérance. Elle permit aux catholiques de se réunir, comme les protestants, dans des églises louées à leurs frais; seulement, toute -controverse était interdite : leurs églises devaient être fermées, si l'on y attaquait la constitution civile, et le prédicateur poursuivi comme perturbateur. Cette loi ne donnait donc qu'une tolérance dérisoire !

Mais bientôt la constituante revint à la persécution ouverte, par

Paras

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