‹ Histoire de la constitution civile du clergé (1790-1801) (volume 2)Chapitre 53 sur 71 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

LES CONSEILS ET LES LOIS DE PERSécUTION

§ I. Mauvaises dispositions des conseils, des cinq cents surtout, pour la liberté religieuse. — Loi du 22 germinal an IV, défendant de sonner les cloches. — Les modérés soutiennent que les lois de persécution sont abrogées par la constitution. — Pour mettre fin à ce débat, les révolutionnaires veulent les faire voter de nouveau. — Rapport de Drulhe en faveur de la persécution. — Discours éloquents de Dubruel et de Pastoret en faveur des pré-

Cinquième serment. L'article 25 de cette loi substitae au serment du 7 Tendémiaire celui de haine à la royauté et à l'anarchie , d'attachemeut et de fidélité à la république et à ta constitution de ran III.

Ce serment fut condamné un an après par le pape.

Comme ceux du il prairial et du 7 vendémiaire, il ne peut être prêté que par les prêtres récemment ordonnés et ceux en règle avec les anciens serments (circulaire du 20 vendémiaire an VI), c'esl-à-dire les constitutionnels et les seuls catholiques qui ont prêté le serment de liberté-égalité, et qu'on ne peut exclure, la législation persécutrice ayant été déjouée sur ce point par la révolution Ûiermidorienne ; mais cette lacune est comblée par l'article 24, qui rend tout prêtre déportable.

Cet article parait inutile au premier abord, puisque tons les prêtres catholiques sont déjà condamnés à mort ou déportables. Mais il apporte à la législation persécutrice son couronnement, car il permet au directoire de déporter en outre d'un trait de plume : 1^ les prêtres ordonnés depuis la révolution ; ^ les rétractés ; 3^ les catholiques assermentés ; 4** les constitutionnels euxmêmes, que le directoire veut maintenant atteindre.

Les prêtres ne sont donc plus déportables comme frappés par certaines lois : maintenant ils le sont tous, à cause de leur caractère de prêtre, quand bien même ils auraient prêté tous les serments,

Cett^ déportation est décrétée sans interrogatoire, ni confrontation, et exécutée administrativement. C'est une lettre républicaine de cachet. Elle peut être décrétée contre tout prêtre quelconque, même s'il a prêté le serment du 19 fructidor. Aussi le directoire a-t-il déporté des constitutionnels hostiles au divorce et au décadi, et, pour des motifs politiques, des prêtres défroqués, même des prêtres mariés!

Beaucoup d'ecclésiastiques ont été victimes de cette loi : le nombre des prêtres de Belgique frappés par elle est au-dessus de sept mille, La plupart des déportés mouraient bien vite en Guyane; aussi cette déportation a-t-elle été appelée laguUtotine sèche!

A partir du 18 fructidor, la France subit une nouvelle Terreur

religieuse.

La convention voulait remplacer l'église constitutionnelle par on système d'institutions constituant un nouveau culte officiel et antichrélien. Les révolutionnaires se sont servis de ces institutions pour aggraver la persécution. Ils ont fait du décadi un antidimanche, et, jusqu'au consulat, ils ont voulu imposer à la fois aux chrétiens le repos du décadi et le travail du dimanche.

Pagw.

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