‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 89 sur 108 · LA CONVENTION SOUMISE AUX JACOBINS · texte numérisé non relu

LA CONVENTION SOUMISE AUX JACOBINS

de la vengeance et de la peur. Elle n'était point destinée non plus à une police sanguinaire et préventive qui punit les complots avant même qu'ils soient conçus. C'était « le système d'extermination établi en régime légaP» comme plus régulier et plus sûr que les massacres populaires. Danton avait dit, et beaucoup d'autres avaient répété , que le tribunal révolutionnaire était institué pour accomplir les vengeances du peuple, en lui épargnant des actes désordonnés et des exécutions sanglantes.

Marat avait cru longtemps que deux ou trois cent mille tètes suffiraient pour fonder la société nouvelle qu'il imaginait. Le 2 septembre , comme Robespierre et lui l'avaient dit souvent, avait été incomplet. Maintenant, non point par projet conçu d'avance, non point par théorie et par logique, mais par instinct, par passion, par peur, les révolutionnaires se trouvaient cour duits à élargir le cercle de leurs proscriptions. Ce n'étaient plus les nobles et lès prêtres qui semblaient incompatibles avec le nouveau peuple qu'on formait pour la souveraineté : c'étaient les riches, les commerçants, les bourgeois, les professions lettrées.

Le mécontentement s'étendait plus loin : il avait envahi la boutique et l'atelier. La disette désolait la population des villes; les cultivateurs voyaient leurs récoltes inventoriées et taxées; toutes les familles à la fois étaient privées de leurs jeunes hommes; on avait en une seule année appelé sous les drapeaux près d'un million de soldats. Au lieu de profiter des premières victoires des armées françaises pour obtenir la reconnaissance du gouvernement nouveau , on avait jeté le

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