CHAPITRE XII
lisière méridionale du Hart/., où il se développe avec une puissance de ‘2,000 pieds. Il est formé de grès très-grossier, dont le ciment est une argile rougeâtre qui lui donne sa couleur et sa dureté. Dans les parties les plus basses, des fragments grossiers et arrondis de quartz, que quelques savants ont considéré comme d'origine chimique, d’autres, comme des conglomérats de décomposition, remplacent le calcaire pur. Ensuite vient le grès d’abord à arêtes vives et plus tard arrondi, et au niveau supérieur se trouve un conglomérat porphyrique de 5, 0 et même 50 pieds d'épaisseur. Celui-ci prouve que les porphyres qui, dans maintes localités, telles que Wettin, le Hartz et le Thuringerwald, accompagnent les dépôts de houille et se trouvent aussibicn au-dessus d eux (nouveau porphyre) qu’au-dessous (vieux porphyre), se sont étendus jusque dans la période du rothliegendc et continuaient encore à se soulever lorsque celui-ci était déjà en grande partie déposé1. Après cette époque, les éruptions de porphyre no se produisirent plus «pie rarement. La plupart des massifs porphyriques du nord de l’Allemagne sont plus anciens que le nouveau grès rouge qui n’a donc plus été soulevé par eux. Le rothlicgcnde est en connexion très-intime .avec les porphyres, et il parait, comme L. de Buch l’avait constaté, avoir été formé au moyen d’une rapide décomposition de leurs éléments pendant et après leur soulèvement. Dans certaines localités, où les porphyres manquent dans le voisinage, le rothlicgcnde contient des fragments d’autres roches contiguës et notamment de gros quartiers provenant du calcaire houillcr ou de galets de quartzite. Cependant on y remarque de nombreuses différences de structure, et l’argile rouge qui lui sert de ciment peut quelquefois prendre une forme schistoïde et occuper la place du schiste quart/.eux cristallin. A sa partie supérieure, le grès rouge est faiblement coloré et devient blanchâtre, ce que lui a fait donner le nom de weissliegende (couche blanche). On y trouve pétrifiés de grands fragments de troncs d’arbres appartenant à des palmiers, à des fougères, en un mot à des plantes semblables à celles qui sont enfouies dans les couches de houille. Cependant il n’y a pas identité d’espèces entre les deux périodes de végétation, et cette circonstance a été une des raisons principales qui ont fait séparer le rothlicgcnde du terrain houillcr,
* Voir la figure pnW*<lenle p. -245.
comme étage particulier, bien que le caractère général des organismes du rothliegende soit plus rapproché du type de la période houillère que de celui du zechstein,
Immédiatement au-dessus du rothliegende et en stratification concordante avec lui, apparaît un calcaire dont l’aspect varie dans scs différentes strates et justifie ainsi la diversité de ses dénominations. La couche la plus inférieure, qui dépasse rarement 1 pied à 1 pied 1/2 d’épaisseur, est un alliage d’argile et de chaux et constitue une marne à structure schistoîde à laquelle on a donné le nom de schiste cuivreux à cause de sa richesse en minerai de cuivre. Une circonstance très-remarquable, est le grand nombre d’empreintes de poissons qu’on y • trouve ; elles proviennent d’espèces appartenant à une famille (Ganoïdes) dont presque tous les représentants ont péri. Leurs écailles très-dures avaient la forme d’un losange. Cette couche contient aussi les débris de vertébrés à respiration pulmonaire, reptiles très-différents de ceux qui vivent actuellement. — Au-dessus du schiste cuivreux, qui prend le nom de schiste marno-bitumineux dans tous les points où le minerai manque, le calcaire commence à prédominer et forme un puissant étage de 250 pieds désigné sous le nom de zechstein, qui est loin d’avoir une grande homogénéité décomposition. Ce calcaire de couleur ordinairement claire et rarement aussi noire que les schistes cuivreux et marneux se distingue aisément de ceux-ci par sa structure non schistoîde, mais massive, et par la faible proportion de bitume qu'il contient. Il alterne en minces assises plusieurs fois avec eux dans sa partie inférieure. Une variété de ce groupe, qui développe par le frottement une odeur désagréable, est appelée roche fétide. — A côté de ces (éléments principaux et toujours présents de la formation, on trouve deux étages moins répandus, mais importants là où ils apparaissent, ce sont la dolomie et le gypse. La dolomie, dont nous avons déjà plusieurs fois parlé, est une roebe particulière et remarquable par sa forme ; elle apparaît pour la première fois dans le nouveau calcaire de transition et accompagne presque toujours le zechstein. Elle se trouve dans toutes les strates depuis le schiste, cuivreux jusqu’au stinkstein (roche fétide) et a pris le nom de rauhwacke dans le pays de Mansfeld, à cause de sa structure granulée et de son aspect poreux. A ces caractères on la distingue facilement dans cette formation. Le gypse , qui n’est pas aussi généra-
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lement répandu que la dolomie, n’apparaît jamais sans être recouvert par celle-ci et possède une puissance qu’on lie lui retrouve nulle part ailleurs chez nous. Il prend des formes escarpées comme une muraille et renferme dans sa masse, alors transformée en anliydrite (sulfate de chaux anhydre), de grandes cavités nommées tuyaux de cheminées (schlotten), qui probablement s'expliquent par l’origine métamorphique du gypse, produite par l'action d’eaux sulfureuses sur le calcaire du zechstcin. Peut-être ont elles été formées par la disparition de sel gemme, opinion qui autrefois était la plus généralement acceptée et qui s’appuie sur l’existence de nombreuses sources salées, surtout en Umringe et en Saxe, prenant selon toute apparence leur origine dans la région gypseusedu zechst ein. On a même pu y démontrer la présence du sel gemme par des sondages comme ceux qui ont été exécutés à Ariern et à Géra., Le zechstcin, de même que le schiste cuivreux, n’est pas très-répandu. C’est dans le nord de l’Allemagne, sur les deux versants du Hartz ot dans le Thuringerwald, qu’il atteint sa plus grande puissance, sans dépasser jamais 500 pieds. Il manque complètement dans l’Allemagne du Sud et en France. Il traverse du sud au nord la plus grande partie de l’Angleterre sous forme de dolomie et y porte le nom de magnesian limestone. On le retrouve à l’extrémité méridionale des Vosges; il suit le cours de l’Eder dans sa partie orientale et reparaît sur la lisière nord du Riscngebirge. Ce point est sa limite orientale. Partout il forme des bandes étroites de faible puissance, qui séparent les couches houillères des terrains secondaires, et qui ont été considérées, avec beaucoup de raison, comme les rivages des terres primitives dont les hauteurs formaient des îles au-dessus de la mer.
La formation permienne, en Russie, se présente avec un aspect tout différent. Elle ne forme plus les rivages du terrain houiller; mais s’étend sur une surface de plus de 18,000 milles carrés dans les gouvernements de Perm, Kasan, Orenbourg, Nijni-Novgorod, Jaroslaw, Kostroma, Viatka et Vologda. Elle ne se subdivise pas en rothliegende et en zechstcin, mais les représente pour ainsi dire fondus l'un dans l'autre. Les matières minéralogiques qui la composent sont des conglomérats quartzeux à grain lin, des grès calcarifères, riches en minerai de cuivre et en débris de végétaux, et des amas subordonnés de marne, d’argile et de calcaire, de gypse
et de sel gemme. Jusqu’ici, on n’a pu établir une classification definitive dans ce vaste système de strates. A la partie inférieure dominent principalement les grès, avec des conglomérats et de grandes richesses en minerai de cuivre ; dans les couches moyennes les marnes et le calcaire, avec des minerais moins abondants, sont les roches qui occupent la plus grande place, enlin les assises calcaires et le minerai de cuivre manquent en partie ou entièrement ii la partie supérieure. Les restes organiques sont presque tous semblables à ceux de notre rotblicgende et de notre zechstciu et prouvent l’identité de ces formations. Ces fossiles caractéristiques ont été retrouvés dans ces derniers temps dans le Nouveau-Mexique et le Kansas, daus un calcaire qui a plus de 1000 pieds de puissance. Des coquilles recueillies au Spilzberg aussi, prouvent qu'il y existe une série de couches équivalentes au zechstcin allemand.
Werner fermait la période des formations sédimentaires primitives avec le zechstcin, auquel il donnait le nom de calcaire sédimenlaire ancien. Nous l’imiterons, sans faire une grande période particulière de l’espace compris entre la formation du zechstcin et du yrès bigarré. Quelques savants pensent, en effet, qu'il est plus raisonnable de rattacher les couches inférieures du grès bigarré (grès rouge des Vosges sans fossiles) au système permien, et de commencer la division suivante seulement avec le grès bigarré proprement dit. Il est bien vrai que, à partir du zechstcin, les organismes, aussi bien que les couches, comparés avec ceux qui les précèdent, présentent des différences importantes ; mais, d’un autre côté, il existe des ressemblances qui ne sont pas moins considérables.
Un des faits les plus intéressants à noter, et qui appartient au règne animal, est l’apparition, dans la formation houillère, des animaux terrestres les plus anciens. Ils fout partie de la famille des reptiles ( Archegosaurus ) et appartiennent à des types qui n’alteindronl à leur maximum de développement que plus tard à l’époque du trias. Les couches du zcchslein ont conservé quelques espèces à respiration pulmonaire (Proterosaurus), mais leur type est tout différent. Quant aux strates, la prédominance du calcaire qui tend à remplacer l’argile restée jusque-là en quantité supérieure ou au moins égale, est encore un caractère digne d'attention. Nous ne voulons pas décider si ce fait est le résultat du développement de plus en plus grand de la vie animale, ainsi que beaucoup de géo-
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