CHAPITRE III
névé cl s’v dilate. Kilo pousse ainsi les parties voisines de tous ejütés et surtout en avant où se trouve le moins de résistance, l.a proT gression est encore favorisée par la pente, de la vallée sur laquelle repose le glacier, et par les profondes déchirures transversales ou crevasses qui le coupent [dus ou moins, suivant qu'il glisse sur une surface peu ou beaucoup déclive. L’eau pénétre dans ces crevasses, s’infiltre dans les innombrables fissures capillaires qui parcourent le glacier dans tous les sens et se remplissent d’eau dès qu’elles sont en communication avec. elle. La dilatation de celte eau, en se congelant, contribue encore en partie à la descente du glacier, mouvement que la pente du sol et l’absence de résistance à l’extrémité inférieure rendent seul possible. Les meilleures observations ont confirmé cette manière de voir. On a constaté de plus que la progression du glacier sur ses bords est plus lente, parce que la fusion de la glace, au voisinage des matières étrangères, se trouve accélérée par leur plus grand pouvoir calorifique. La glace s’y trouve donc en moins grande quantité qu’au milieu ou la -congélation de l’eau dans les innombrables fissures capillaires produit la plus forte dilatation de la masse totale. Plus un glacier est épais, [dus il peut absorber d’eau, et plus il se dilate par sa congélation '.
L’existence de glaciers dans les boutes montagnes agit de diverses manières pour modifier les sommets et les détruire. La température, abaissée par le voisinage de si grandes masses de glace, déchire les flancs des vallées au moyen de l’eau infiltrée dans les fissures des roches et cause la chute continuelle de débris de la montagne sur le glacier. Celui-ci marche en avant et entraîne avec lui les blocs éboulés qui dessinent, depuis le point de départ jusqu’à l'extrémité du glacier, une ligne placée sur son bord ou en son milieu. Comme les débris ne peuvent tomber que des flancs libres de la vallée, les lignes médianes se rencontrent seulement dans les lieux où deux glaciers d’abord séparés se réunissent en avant d’un rocher. Tous les blocs que le glacier reçoit des deux cotés restent sur ses bords et sont emportés plus loin. Les lignes de débris et de blocs prennent le nom de moraines, que l'on distingue, suivant leur
* Id's vu os dWgnssiz ol ilo Forltos sont dilTôrontes sur ce point. Aprta avoir lu lo Système glaciaire , jo crois devoir ino ranger à l’opinion du premier.
se
' IIISTOIHK UK I A CRÉATION.
position, en moraine médiane, moraine latérale et moraine frontale. Les débris qui, en tombant par les crevasses se rassemblent sur le sol du placier, forment la moraine inférieure. Les glaciers transportent donc des blocs des régions les plus élevées des montagnes jusque dans les profondeurs des vallées, et les entassent à leur extrémité sous la forme d’une digue de pierre que la puissance seule d’eaux accumulées peut entraîner dans la plaine. Nous avons déjà étudié des phénomènes de cette nature en décrivant l’écoulement subit des lacs ; nous pourrions confirmer ces faits par de nouveaux exemples, si nous avions le dessein de nous servir de tons les faits particuliers pour établir nos assertions. Mais nous ne pousserons pas plus loin l’étude des mouvements de transport des glaciers, et nous nous contenterons de dire quelques mots d’un second phénomène qui se rattache à leur mouvement de progression. Nous voulons parler des stries et des roches polies et moutonnées que l’on observe dans beaucoup de vallées sur le passage des glaciers. Elles sont le résultat du frottement que le glacier exerce par ses surfaces intérieures sur les roches du sol de la vallée et de ses lianes en avançant lentement. On rencontre aujourd’hui des roches polies dans les vallées où, de mémoire d’homme, n’ont jamais existé de glaciers, et on en conclut avec raison à leur présence ancienne. Cette conclusion ne peut pas être générale, car les torrents, qui roulent avec eux des galets, polissent aussi leurs parois et leur lit et ont ces phénomènes en commun avec les glaciers. Les simples rivières, qui s’écoulent longtemps avec violence à travers un passage étroit, polissent et même excavent peu à peu les points de contact . Le lîodekessel, au pied du Rosstrappc, nous en offre un bel exemple. L’action de la rivière est encore accrue et accélérée, lorsqu’elle roule des galets qui lui servent pour user les parois du défilé. Léopold de Buch a démontré la réalité de ces assertions en expliquant les excavations remarquables qui, dans la vallée de Salza, à Golling au-dessus de Salzbourg, existent dans les parois de la roche, à IbO pieds au-dessus du niveau actuel des eaux. Elles consistent en plusieurs séries de cavités, courant parallèlement les unes au-dessus des autres, que le fleuve a creusées lorsqu'il s’élevait jadis à cette nauteur.
Les glaces persistantes existent, non-seulement dans les régions supérieures des montagnes qui s’élèvent au-dessus de la limite des
CHAI'ITHE III.
neiges, mais encore aux pôles de notre planète. On los-connail, sous le noin de ijlarcs polaires aussi bien que les placiers des Alpes. Kilos occupent une bien |dus grande surface. Au pôle nord, en effet, elles commencent du 70e au 8(lp et au pôle sud du (ifl'au 70', pour devenir de plus en plus épaisses à mesure qu’on s’avance, et recouvrent toute la surface des mers polaires de blocs semblables à des rochers. Ces glaces proviennent aussi do glaciers qui sortent probablement d iles ou de continents polaires encore inconnus. Elles descendent peu à peu dans la mer, où elles se détachent lorsqu’elles ont atteint une profondeur suffisante et sont entraînées par les Ilots1. Elles s’avancent vers les régions chaudes, y fondent et disparaissent entièrement, pendant que de nouvelles masses continuent à descendre des pôles. Beaucoup de ces montagnes de glace portent à leur surface des débris et des graviers et même des blocs de rochers énormes, preuve incontestable qu’ils sortent de continents où ils ont été recouverts de fragments de roches comme les glaciers, on bien qu’ils ont enlevé aux rivages ces dépôts de graviers. Ces montagnes de glace fondent lentement lorsqu'elles ont un volume considérable et transportent an loin leur chargement de blocs de rochers ; puis, lorsqu'elles viennent s’échouer sur les plages et s’y décomposer, elles n’v laissent après elles que leur fardeau. Ce phénomène, on le sait, se reproduit chaque année dans le Nord de l’Amérique, à l’embouchure du Saint-Laurent. Nous attachons une ’ grande importance à ces faits, qui nous expliquent le mieux la dispersion de blocs de rochers sur des régions dont le sol a jadis été sous les eaux de la mer, et qui aujourd’hui ne sont plus en communication avec les montagnes d'où proviennent ces blocs. On nomme ces fragments de roche blocs erratiques.
On les rencontre très-fréquemment dans les plaines du nord de l'Allemagne, jusqu’en Pologne et en Russie. Ils tirent leur origine des montagnes delà Scandinavie et de la Finlande. Leur composition, en effet, est identique avec les roches de ces pays. On trouve encore de ces blocs erratiques sur les hauteurs du Jura. Ils pro-
* Puisque l'eau gelée, comme lions l'avons dit pins linut. occupe un pins grand espace qu'à l'étal liquide, il est naturel que tout morceau de glace soit plus léger qu'un volutiii' égal d'eau liquide. Telle est la cause, pour laquelle la glace nage sur l’eau lorsque celle-ci est assez profonde pour la dimension des blues. Si cette profondeur manque. In glace repose sur li* fond et reste liste* jusqu'à ce que l'équilibre de Volume entre elle et l'eau li juide soit rétabli par la fusion.
viennent de la chaîne des Alpes, située en face. En admettant que le nord de l’Allemagne était encore au-dessous îles eaux, ainsi que les terres basses du nord de la Suède, les masses de glace formées sur la chaîne des Kjülen se propagèrent de tous côtés sur la mer ilaltiquc, qui s’étendait jusqu’à l’océan Glacial. Celles qui s'avancèrent vers le sud laissèrent tomber les débris attachés à leurs lianes et en jonchèrent le sol alors sous la mer. On a voulu aussi considérer la vallée actuelle de l’Aar et de ses affluents jusqu’au lac de Genève comme un golfe profond. I,es glaciers du mont Blanc et des Alpes bernoises s’y déversaient, et leurs moraines s’en allaient échouer et se déposer sur le Jura en lace. Les géologues suisses veulent, au contraire, que tout le pays situé entre les deux montagnes ait été recouvert par un immense glacier continu, qui plus lard fondit et laissa après lui ces blocs comme témoignage de son ancienne extension*. Nous n’examinerons pas ici laquelle des deux opinions est la plus juste. Il sufîit que les blocs erratiques proviennent de masses de glace qui les apportèrent et les déposèrent où nous les trouvons aujourd'hui. Ces faits établis et généralement acceptés, il faudrait maintenant rechercher, a l’aide de l'identité de composition de ces blocs, à quelles montagnes ils ont été enlevés et s’ils ont été apportés du sud ou du nord, de l’est ou de l’ouest. Après avoir éclairci ce point, on continuerait les recherches pourvoirai les blocs ont été transportés par d’immenses glaciers recouvrant tout le pays, ou par des glaces flottantes.
Nous avons épuisé les considérations que nous pouvions emprunter aux phénomènes que l’eau sous ses diverses formes produit à la surface de la terre, en agissant sur les roches. Notre conclusion est inévitable : les phénomènes actuels ne suffisent pas pour expliquèr l’origine de toutes les masses solides par l’eau. Si nous nous sommes convaincu que les couches terreuses, que même beaucoup de roches cristallines et amorphes ne peuvent, d’après leur nature, être considérées que comme des dépôts aqueux, nous avons vu aussi que d’autres roches cristallines et amorphes n’ont subi que des modifications partielles sous l'influence de l’eau, impropre à les dissoudre entièrement. Les dépôts et les phénomè-
* Voy. la t inscription d’R*hor tin la l.inlh, avec une carie qui rcpri'acnU» In dispersion des blocs.