‹ Histoire de la danse à travers les âgesChapitre 10 sur 153 · FIG. 4 — DANSEUSE · texte numérisé non relu

FIG. 4 — DANSEUSE

(Vase Borghèse.)

Les danses religieuses des Romains rappellent beaucoup celles de l'Egypte et de la Grèce, et cela s'explique aisément par l'histoire de ce peuple (fig. 4).

« L'Italie fut le commun asile de tous les fugitifs de l'Ancien Monde. » En effet, toutes les races de l'Italie appartiennent à la grande famille indo-européenne, descendue des hautes régions de l'Asie

1. Duruy, Histoire des Grecs, I, chap. xv. . 2. P. Ménestrier, des Ballets anciens et modernes,

HtST, DK LA DANSE,

i8 HISTOIRE DE LA DANSE.

centrale, ainsi qu'on peut s'en rendre compte par le culte des Cabires, divinités mystérieuses, adorées à Samothrace, et qu'après la prise de Troie, Enée avait emportées en Italie. Ce fut la première religion des races Italiotes qui se rapproche des cérémonies de l'Yoni-Lingam de l'Inde. Comme Isis, les Cabires avaient leurs mystères, où le grand pontife ou Coès, les prêtres et les mystes exécutaient des danses symboliques.

Une partie des danses religieuses romaines venait d'Etrurie dont l'histoire reste encore pour nous environnée de ténèbres épaisses. Les Étrusques étaient probablement une tribu asiatique, car leur mythologie rappelait à la fois celle de la Scandinavie et de la Perse, et leur religion fort simple « dérivait des nécessités de la vie, des impressions d'admiration et d'effroi que causait cette belle et mobile nature1 ».

Les Etrusques avaient enseigné la science augurale aux Romains; ils leur donnèrent aussi les cérémonies de leur culte antique que ceux-ci mélangèrent avec les croyances et les institutions sacrées des Grecs. Mais « le caractère froid et sévère des Romains n'avait ni le facile enthousiasme des Grecs ni leur brillante et mobile imagination. Athènes faisait de ses fêtes de grandes solennités nationales, durant lesquelles les plaisirs les plus relevés de l'esprit se trouvaient associés aux plus imposants spectacles des pompes religieuses, de l'art le plus parfait et de la plus riante nature. Ceux de Rome étaient des jeux de pâtres

i. Duruy, op. cit.

grossiers, où retentissaient les cris de la foule joyeuse, quand les soldats rentraient dans la ville avec des captifs, des gerbes de blé et le bétail enlevé à l'ennemi. Les fêtes antiques deviendront plus tard la pompe triomphale de Rome., Les jeux et les courses se célébraient en l'honneur des dieux : les chants étaient des hymnes, les danses une prière1 ».

Mais les Romains ambitionnaient avant tout la gloire militaire, et Numa Pompilius, deuxième roi de Rome, institua le collège des douze Saliens, prêtres danseurs consacrés à Mars, dont ils gardaient les Ancilia, boucliers sacrés tombés du ciel, et célébraient la fête du dieu par des danses armées. Chaque année, au mois de mars, les Saliens, sous la conduite du grand-prêtre appelé Prœsul ou Magister Saliorwn, accomplissaient en dansant les rites du^ulte.

Comme chez les Grecs, les autres danses religieuses des Romains appartenaient plutôt au genre mixte, c'est-à-dire que, tout en ayant une origine sacrée, elles rentraient dans la catégorie des fêtes profanes.

Au nombre des danses religieuses il convient de placer les danses funèbres.

Elles existaient chez les Égyptiens ainsi que le démontre une sculpture du musée de Boulaq3, « représentant des danseuses vêtues de robes transparentes, quelques-unes à type de juive, dont les corps s'agitent et se contournent au son des tambourins selon le rythme

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