FIG. 121. — ACROBATE AU MOYEN AGE
Fragment de chapiteau de l'église de Saint-Georges de Bocherville (xie siècle).
de Christine de Pisan, livre IV, chapitre xx. on lit le passage suivant : « Un homme étoità Paris, au temps du roy Charles, qui apprise avoit une telle industrie que merveilleusement sailloit, tomboit et faisoit plusieurs appertises sur cordes tendues haut en bas qui sembleroit à dire, que veu ne Fauroit, chose impossible, car il tendoit cordes menues venans depuis les tours de Notre- Dame jusqu'au Palais et plus loin, et par-dessus ces cordes en l'air, sailloit et faisoit jeux d'appertise, si qu'il semblât qu'il volât, et aussi le voleur était appelé celui.
Je l'ai vu souvent moi-même, et un temps après en volant il faillit à prendre la corde qu'il devoit du pied happer et de si haut tomba qu'il s'esmormela (s'écrasa). »
On vit des danseurs de corde lors de l'entrée à Paris de Charles VI et d'Isabeau de Bavière. Jeand'Authon, dans les Annales duroi Louis XII, parled'un funambule célèbre, Georges Menustre, à l'occasion des obsèques du duc Pierre de Bourbon à Moulins, en i5o3. Cet acrobate ayant tendu une corde à vingtcinq toises de hauteur « y fit tant de gentillesses comme basses dances, sauts, gambades et morisques, etc. ».
L'Italie aimait aussi ce genre de spectacle, ainsi qu'on peut s'en rendre compte par une vieille gravure datant de 1 536. « Au xve et au xvie siècle on cite deux danseurs de corde très remarquables appelés le Génois et le Por~ tugalois, de leur pays d'origine, dit M. de Coucy. » Ils eurent beaucoup de succès en France.
Cet art des funambules commençait à se répandre et devenait un spectacle vulgaire. En i56o il est permis