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De l'Aulnaye, de la Saltation théâtrale

En Thessalie cet art était fort en faveur et les principaux magistrats s'appelaient proorchestres ou conducteurs des danses. Les Arcadiens, qui étaient les meilleurs danseurs de la Grèce, s'il faut en croire Athénée1, exerçaient les jeunes hommes à la danse jusqu'à l'âge de trente ans. Dès l'enfance, on leur enseignait la musique et les hymnes en l'honneur des dieux et des héros, afin de les former de bonne heure à la piété et à la vertu. Ensuite ils apprenaient la danse pour donner de la souplesse aux mouvements, et chaque année aux Orgies, ils dansaient en public, pour montrer les progrès qu'ils avaient faits.

Ceux qui ne savaient pas danser passaient pour avoir reçu une éducation première très incomplète : c'est pourquoi le sage Socrate lui-même, étant déjà d'un âge assez avancé, prit, à ce qu'on dit, des leçons de danse avec la belle Aspasie. Platon, dans sa République, veut que le peuple cultive la danse, non par simple amusement, mais pour donner de la grâce aux mouvements du corps. Aussi, dans ses Lois il prescrit des règlements sur la musique et sur la danse, afin de renfermer ces deux arts dans les bornes de l'honnêteté et de l'utilité, car il les considère comme appartenant à la religion et à la tactique militaire.

Les filles de Sparte apprenaient à danser, à chanter, à lutter entre elles, à courir légèrement sur le sable, à lancer avec force le disque et le javelot, à faire tous ces exercices sans voiles et n'ayant que leur vertu pour vêtement (tig. 25). Les Athéniennes cultivaient aussi la

i. Le Banquet des Savants, livre IV.

&ï HISTOIRE DE LA DANSE.

danse, mais d'une manière moins brutale, plus raffinée. Lucien dit : « Les citoyens les plus distingués de chaque ville prenaient part eux-mêmes aux danses, et non seulement ils ne rougissaient pas de ces divertissements, mais s'en montraient plus glorieux que de leur

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